MASSACRE DES R0MA1N!> EN ASIE
tent à oO,000 le nombre des victimes de cette journée (1).
Tranquille sur l'intérieur , fvlithridate va soumettre les peuples depuis les régions du Caucase jusqu'à la Grèce; vingt-cinq nations, dont il entendait ou parlait les langues, obéissaient à ses lois. Son indomptable activité lui procurait des ressources inépuisables : de la Scythie , il tirait des hommes , et de l'argent des villes de la côte et de l'intérieur, enrichies par la pèche de l'Euxin, la fertilité de la Tauride, les échanges avec les Scythes , et surtout par le commerce des Indes qui suivait la route de l'Oxus, de la mer Caspienne, du Caucase. Maître de la mer Noire par sa Hotte de 400 vaisseaux , il se proposait de faire avec les peuples qui entouraient ses rivages ce qu'avait entrepris x-^nnibal avec les Africains , les Espagnols et les Gaulois ; c'est-à-dire qu'il voulait les discipUner pour les conduire contre l'Italie.
Rome frémit d'horreur à la nouvelle du massacre de ses citoyens, et s'émut des dangers qui la menaçaient; elle confia le soin de sa vengeance à celui qui avait montré .le plus d'ardeur contre les insurgés italiens, à Sylla. Ce ramas de barbares n'étaient pas capables de résister à la discipline romaine ; en effet, sous la conduite d'Archélaiis, général de Mithridate, ils essuyèrent une telle déroute à Chéronée que, d'après Sylla lui-même, ils perdirent 100,000 hommes, et les Romains 12 seulement. Deux auti-es batailles non moins sanglantes, livrées dans laBéotie, terminèrent cette campagne. La première armée de Mithridate comptait 15,000 esclaves romains, qui vendirent chèrement leur vie (Plutarque).
Sylla mit le siège devant Athènes. Dix mille voitures, traînées par des mulets, avaient apporté le matériel pour les machines; les bois sacrés, les délicieuses plantations du Lycée et de l'Académie furent abattus. La famine exerçait de tels ravages dans la ville, cette reine du monde civilisé, qu'on laissa éteindre la lampe placée devant la statue de Pallas ; enfin elle fut prise d'assaut, livrée par des traîtres, qui ne manquèrent jamais dans les guerres de la Grèce. Sylla y entra par la brèche au son des trompettes, l'inonda de sang, et voulait la détruire ; mais il se laissa fléchir, et fit grâce
(1) Voir Plltaeole , Vie de Sylla ; Appie.n, dans le livre sur Mithridate; CiCKRON , pro lege Manilia et pro Flacco ; les Excerpta <lc Dio> et de Memnon; TiteLive, Velléils Pateucllls, V. VIwime, Fi.ouls, Kithopr , OiiosE. Quelques-uns prétendirent que Rutilius Kufus avait donné à ^litln-idate le conseil de ce massacre; Cicéron , pro Rabirio Posthumo , le disculpe, et nous apprend qu'il se sauva déguisé en pliilosoplie.