‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 237 sur 319 · LANGUES ITALIQUES · texte numérisé non relu

LANGUES ITALIQUES

l'étymologie de chacun de ses mots dans d'autres mots latins. Ainsi, il fait dériver terra de terere; legumen de légère, parce qu'on les récolte dans les champs; capra de car père; Venus de venire ; via de vehere; humor de htimus ; amnis de ambitus; lectus de légère, parce qu'on recueille la paille sur laquelle on dort; fœnus àe fœtus , parce que l'argent placé à intérêt en engendre d'autre , quasi fœtura quxdam pecunix parientis.

Les autres Romains ne connurent pas une méthode plus inteUigente. Cicéron dit que la loi, lex est ainsi appelée quia legi soleat, que Neptunus vient de a nando , luna de a lucendo. Caton tire tocuples des lieux que les riches possèdent, et pecunia des pecora qui étaient gravés sur les monnaies. Servius dérive seigle de siccus; le livre, corticis pars interior, a liberato cortice; les ma^itilia, essuie-mains, de« tergendis manibus. Pline déduit vélum de vellere , parce que les laiues s'arrachent ; Festus, immolare de 77iola, id estfarre molito. Selon Ulpien \e,legatum, legs, est ainsi nommé, quod legis modo testamento relinquitur, et les liheri, hommes libres, quia quod libet facere possunt. Pour Isidore, mulier vient de a mollitie, vena s'explique quod sanguinem vehit , venenum signifie quod per venas vadit, carnem vient de carere mente , Minerva de munus artiimi variarum .

Ce dernier mot nous rappelle comment Tacite lui-même ramenait les noms des dieux germains à la forme des divinités helléniques ; les Grecs firent de même. Mégasthène déduit Astarté, déesse babylonienne, de àaxpoiipy 7) , guide des astres , et appelle lpavvo66aç c'est-à-dire au doux murmure , le fleuve indien Hiranjabàhn qui signifie bras d'or. Bien plus , aucun écrivain de l'antiquité ne s'aperçut de la parenté des langues hébraïque et carthaginoise , qui sont presque identiques.

Vers la fin du moyen âge , au moment où renaissait l'étude de l'antiquité, pouvait-on fixer l'attention sur les langues anciennes, lorsqu'on avait tant de peine à purger la langue latine ? Mais , dès que la philologie fut aidée par une riche moisson de nouveaux documents, il parut honteux de s'occuper de l'indien ou de l'égyptien avec plus de soin que des anciens idiomes d'Italie; les savants les étudièrent alors avec ce zèle que mérite tout ce qui rapproche du berceau de cette langue latine, étudiée dans toute l'Europe, parce qu'elle a des monuments dans chaque pays , depuis la lisière des déserts africains jusqu'aux glaces polaires.

Néanmoins, pour interpréter des inscriptions en langues inconnues et représentées par des caractères au moins incertains , il faut tout à la fois une audace et une circonspection qu'on ne trouve pas toujours réunies dans les nombreux savants , qui , de nos jours , ont entrepris cette lâche; nous en citerons quelques-uns :

Lanzi, Saggio di lingua etrusca, e altre antiche d'Italia; Rome, 1789.

Page 1