‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 240 sur 319 · DIVERS DIALECTES · texte numérisé non relu

DIVERS DIALECTES

aux Sabins le mot hernx , roches , et Varron le mot multa ( multse. vocabulum non latinum sed sabiimm est; idqiie ad meam memorîam mansit in lingna Samnitiiim, qui sunt a Sabinis nali, liv. XIX) ; ils disaient hasena au lieu à&farena ( Velius Lo^gus, le grammairien) ; del'emôra/Mrdes Sabinsdérive l'impera^or des Romains. Enfin, selon Tite-Live, les Cumans demandèrent utpublico latine loquerentur, et prxconibtis latine vendendi jus esset (XL, 42) ; ee qui prouve qu'ils avaient parlé jusqu'alors leur propre langue. Les Marses adoptèrent les caractères romains et la langue latine ; les Sabins conservèrent toujours l'osque.

On a trouvé à Vellétri, en dialecte volsque , l'inscription suivante, sur la signification de laquelle Lanzi , Orioli , Guarini , Jauelli et d'autres ont discouru longuement :

Deve declune statom sepisatahus Pis velestrom faka esaristrom se Bim asifvesclis vinu arpalitu sepis toticum covehrin sepu ferom pihoni estu ec se cosrties ma ca tafanies medix sistiatiens .

Il a paru plus facile de déchiffrer la suivante , en osque , apportée par Avella dans le séminaire de Noie , et que Passeri a expliqué , Simbole Gorianey tome I :

Ekkuma... tribalac... liimit... herekleis fissnu Ecce tribus limites berculis fanum

mefa ist entrar einuss pu amf dert viam pusstis demeiisa est intra fines post circum per viam posticam pui ipisi puslin slaci senateis inirn ink tri barakinf per ipsius ibi loci senatus unum jugum tria brachia

au/ret puccahf sekss puranter teremss irik, ecc. aufert pauca sex puriter termini hircus.

Sur le côté d'une belle statue de bronze, exhumée près de Todi en 1835, on trouve des mots qui (sans tenir compte des arguties et des conjectures chimériques) furent interprétés diversement par les savants. Le bibliothécaire Cicconi , recourant au grec , traduisit : lo luncjamente tempesiato in mare, offersi; Campanari donne d'abord cette explication : Ahala legato in onor di Marte offriva , puis la suivante : Ahala figlio di Irottedio il Marte Fonione dedicà. Le père Secchi lut Jveial Quirinus f'ibiif. nomine Fibîus ; 1.31111 , au moyen de l'hébreu, comprit Acco da Todi e Tito effigiaronu il simidacro délia Vittoria; Vermiglioli , Âeia L. Trutinus punu mi vere, c'est-à-dire Aeia Jiglia di Trutinopongo sono vero; de Minicis , Trutino Fono figlio di Aeia fece. Ces divergences suffisent pour indiquer onmbien les bases de la paléographie italique sont encore peu solides.

Dans la guerre sociale, dernière réaction des Italiens contre la pré-

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dominance de Rome, les peuples associés adoptèrent , par décret pul)lic, lalaugue uationale, et remployèrent sur les monnaies (Lanzi, Disc, proem. alla Galleria). L'étrusque vécut longtemps ; mais il différait beaucoup du latin , comme le prouve ce passage d'Aulu-Gelle dans lequel il raconte que, quelqu'un ayant dit apluda et /loces , mots vieillis, les assistants, quasi nescio quicl tusce aut gallice dixisset, 7'iserimt{Xl, 7).

Quintilien {Inst. orat., I., 9) examinant les mots, non la langue, écrivait : Taceo de Tuscis , Sabinis et Praenestinis quoque ; nam ul €0 sermone vtentem f ectium Lucilius irisectatur, quemadmodum Pollio deprehendit in Livio pataviiiitatem. Qui pourra maintenant déterminer ces différences de dialectes? Ce travail est d'autant plus difficile que les anciens ne comprenaient pas assez la nature des langues et ce qu'elles jettent de clarté sur le caractère des peuples , pour apercevoir dans leur étude un intérêt philosophique ; aussi , loin de s'arrêter sur les caractères essentiels de ressemblance , ils faisaient de l'idiome de chaque ville indépendante une langue particulière, désignée par le nom des habitants.

Ariodante Fabretti vient d'annoncer le Glossarium italicum , in quo omnia vocabula continentui\ ex umbricis, sabinis^ oscis , volscis , etruscis^ cseterisque ynonumentis qiiœ supersunt collecta ; Turin, 1 857 . Il dit : « Dans une matière aussi difficile , on ne saurait exiger un lexicon semblable à ceux des langues connues, antiques ou modernes; car, à côté de mots d'explication certaine , il s'en trouve beaucoup qui résistent à la critique, et ne permettent que des conjectures. Tous les mots n'ont pas une signification aussi claire que les expressions ombriennes : karne, caro; vinu, vinwn; purka, porca; sif, sues; vitlu, vi/ulo; est, est ; fétu, facito ; seritu, servato ; p etuv p ur sus, quadrupedibus ; alfir, albis; rofa, rufa; salvom, salvum; karu, corani; px nie,, probe; nomneper, pro nomine; pupluper, ou popluper, pro populo, etc. ; — que les osques : aasas, aras; dolud, dolo ; 1 i g u d, lege ; genetai , genitrici ,• k v a i s s t u r , r/ uxstor ;regaturei, rectori; aikdafed, xdijicavit ; àe'icwm, dicere; fefacust,/ecerit; herest, îJo/e^; pr uf a tted, />ro6af^Y; sed, si/; alttram, a/teram;p\is,qui; arairicatud, WH/«erc'a/o,- malud, malo; auter, inler; contrud,toH^ra;inim, enini; nep, neque, etc. ; — et que les étrusques : etera, altéra; clan, natus; phuius, Jîlius; a vil s, setatis; turce, donum; tece, posuit ; etc.

« lin grand uonjbre de vocables, répétés ou modifiés, serviront du moins à déterminer certaines lois euphoniques qui gouvernaient les anciens idiomes italiques; certains noms, qu'il est bon de connaître, devront entrer dans les dictionnaires de la langue latine , comme ceux des divinités étrusques : Tina, Juppiter; Th a 1 na Diana ,• T ur a n, ^enus; Menrva Miner va; Sethlans Fulcanus ; ou ceux des divinités transportées de la Grèce en Étrurie comme : A p l u, Apollo ,• T u r m s.

BIVERS DIALECTES. 4'43

'EpfjL^ç ; TlithiSj Tlietis; outre une foule de héros grecs, tels que, Her cl e. Hercules ; A ch 1 e, Achilles ; A c h m e m r u n, .-igamemnon; C\utum\ta,Clytemnestra; iMeule, Menelaus; Neptalane, Neoptolemus ; P eu tas il a, Pentheailea ; Urusthe, Orestes; etc., etc.

« Une opinion accréditée mal à propos, et la publication de quelques anciens alphabets d'Italie, altérés et remplis d'erreurs, font dire à plusieurs érudits qu'on ne comprend rien aux épigraphes antiques des Osques, des Ombriens et des Étrusques; cependant, à chaque pas, ou trouve des locutions très-claires. Dans les tables Eugubines,, par exemple : PVSEI • SVBf^A • SCREHTO • EST ufi supra scriptum est; VITUV • TORV • TRI F • FETV vifu/os tauros tresfaclto; SAUVA • SERITV • FVTV FOS (ou PONS) • PACER RASE TVA • OCRE FISI TOTE lOVINE ■ ERER NOMNE • ERAR NOMNE scdva servato , esto vulens, propltias pace tua, colli Fisio civitati Iguvinae , ejus (collij nomine, yus (civitatis) nomine; — et dans la table osque de Bauzia SVAE PIS CONTRVD EXEIC \r£? /\CySJ si quis contra hoc fecerit : PIS CEVS BANTINS FVST qui cicis Bantums fuerit.

« Dans l'épigrapbie étrusque , un grand nombre de légende s funéraires, qui seraient plus précieuses, si elles étaient bilingues comme celle-ci

^fli-j-'flBfl) vfl • mmui^ nva — p • vouvmnivs

A • F . VIOUENS CAFATIA NATVS, nous donnent une série de noms de familles (pii vraisemblablement passèrent de l'Étrurie à Rome , ou qui ont avec celles de Rome un rapport historique et philologique; bien plus, quelques-uns de ces noms révèlent autant de mots de la langue parlée par les habitants de la moyenne Italie , comme les jolies expressions, capras, crace, crespe, plante, pumpu, senate, spurie, sacria, salvis, vitli, etc. Certaine étymologie même, adoptée ab antico., est corrigée par le secours des inscriptions étrusques; par exemple, le mot >IISV ou ^IMV (usil) qui indique , dans deux miroirs métalliques , le Soleil ou Apollon représenté là avec ses attributs , nous ramène à la famille des Auseli ( Aurelii ) a sole dictam (Paul., pag. 23 ; édit. Millier) , et h la racine sanscrite svar, forme primitive de sur {splendere ), ce qui contredit Cicéron {De Natura Deormn , II. 68) : Cum sol dictus sit, vel quia solus ex omnibus sideribus est tantus , vel quia cum est exortus obscuratis omnibus , solus apparet.

« La fraternité des anciens dialectes de l'Italie , reconnue par des signes alphabétiques , se démontre mieux par de fréquentes comparaisons des n:ots ombriens, osques, étrusques, entre eux et a\ec l'idiome latin; ainsi, l'osque deded et teteten caractères étrusques , était tez dans l'Étrurie, et peut-être dede dans l'Ombrie, dedet et dede {dédit) à Rome. Au moyen des idiotismeset des archaïsmes qui

se présentent souvent dans l'épigraphie latine, on aura des arguments pour discuter à fond sur l'origine de la langue italienne , qui remonte plus haut qu'on ne le croit généralement ; on fera revivre beaucoup de formes populaires , recueillies sur les monuments des plus beaux temps de Rome républicaine, et sur les modestes sépulcres des premiers martyrs de l'Église. »

Selon Mommsen , les anciennes inscriptions nous révèlent sept alphabets ; le grec des colonies , l'étrusque, le pélasgique , un ancien qui tient le milieu entre l'étrusque et le pélasgique, l'ombrien , le sabellique, le latin.

Les Latins , à ce qu'il paraît , écrivaient d'abord en boustrophédon , manière d'écrire de gauche à droite, et de droite à gauche , sans discontinuer la ligne , à l'imitation des sillons d'un champ ; de là , on appelait versus la ligne , et arare , exarare , sidcare , l'action d'écrire.

L'alphabet latin, dans le principe, était mal déterminé : on changeait les voyelles , quelques lettres avaient un rôle divers, d'autres plus d'une valeur, comme nous le verrons bientôt ; on ajoutait à plusieurs mots terminés par une voyelle n,d, t {men, altod , marit , pour 77ie, alto, mari). La duplication n'avait pas lieu pour les consonnes, mais pour les voyelles , afin d'exprimer les longues , comme juits , feelix ; les brèves étaient souvent éliminées devant la consonne qui les précède, comme krus , cante^ pour carus, canite , et plus souvent 1'/, comme ares , evenat , pour aries , eveniat. On supprimait aussi Vm , Vn , le s, comme Popeju, cosul , cesor, pour Pompejus , consul , censor. Les diplithongues ei pour i, ai pour x , sont très-fréquentes, comme Jwioneis , sel , allai. On prétend que le g ne fut introduit que vers la moitié du sixième siècle, que le p et le g ne figuraient pas dans l'alphabet , et qu'au lieu du z, on employait le s ou le d. Il est certain que l'usage des signes k, y, x, z, pour les noms étrangers , fut introduit fort tard. Au lieu du b, on trouve au commencement du mot, dv , et, dans le milieu , p, comme dvellum pour bellum , optlnvit. L'm finale se supprime souvent, surtout quand elle est suivie d'un nom commençant par une voyelle, peut-être parce qu'on prononçait nasalement comme on et en dans le français et les dialectes lombards.

Dans les inscriptions anciennes , l'L ressemble au lambda grec , tel qu'il se faisait sur les monuments primitifs , soit V, qui fut ensuite renversé A . Les Êoliens se servaient d'une aspiration qu'ils indiquaient par le digamma F; cette lettre n'apparaît point dans l'alphabet attique, et néanmoins, comme chiffre, elle occupe le sixième rang, avec la signification de six (Ç); puis elle passa dans l'alphabet latin comme /. L'H était encore un signe d'aspiration ; mais elle disparut dans les monuments postérieurs, et resta comme lettre dans le latin. Le Q, inconnu aux Grecs, dérive du O coph phénicien, qui était encore employé comme signe numérique dans l'écriture attique.

Tacite et Quintilien nous apprennent que l'empereur Claude ajouta trois lettres à l'alphabet latin , dont ou connaît le diqamma éolique et Vantésigma. Le premier était un F renversé, équivalant à V, par exemple TERMlNAtlT, AMPLlAtlTQUE, Dlhl AUGUSïI. L'antésigraa remplissait la fonction du Y grec (psi), et s'écrivait 3C. La troisième lettre, selon quelques auteurs, était ladiphthongue Al, qu'oii trouve dans la plupart des inscriptions du temps de Claude, comme ANTONIAI, DILAI ; mais il est certain qu'on l'employait longtemps avant cette époque. D'autres ont inféré mal à propos d'un passage de Vélius Longus qu'on se servait de cette lettre pour adoucir le son trop rude du R. Quelques paléographes supposent que c'était l'X ; mais Isidore {De Orig.) prouve que le dernier signe était en usage sous Auguste. Le O des Grecs , comme le remarque Quintilien , a un son différent du PH des Latins ; d'où l'on a conjecturé que Claude inventa une lettre correspondant au <I> gi-ec. Simple particulier, Claude publia un livre pour démontrer la nécessité de ces lettres ; quand il fut monté sur le trône, il les imposa par un décret; mais, après sa mort, on cessa d'en faire usage, bien qu'aux temps de Suétone et de Tacite, elles figurassent encore sur les tables de cuivre où l'on gravait les décrets du sénat pour les publier (Subtone, rie de Claude, IV; Tacite, Jnn. XI, 14).

L'alphabet latin, progrès remarquable, indiquait les lettres, non par une dénomination spéciale, mais par le son de chacune; tandis que le grec dit alpha, beta, gamma, delta; l'hébreu, aleph,betk, ghimel, daleth ; le slave, as, buki, viedi, glacol, dobra; le romain dit a, be, ce, de. Seulement, il est à regretter qu'il ait placé sans motif la voyelle tantôt avant, tantôt après l'articulation, en disant ef, e/, er, au lieu de fe, le, re ; puis la classification des lettres, qui devrait être conforme aux organes ou bien à leur nature propre, est faite arbitrairement.

La force des armes et l'expansion du christianisme rendirent cet alphabet presque universel dans l'Europe, chaque peuple l'appropriant aux exigences des nouveaux idiomes ; c'est par lui que nous avons conservé le peu qui nous reste des dialectes celtiques. Ulphilas, au moyen de quelques changements, le fit servir au gothique , d'où est venu l'allemand d'aujourd'hui; beaucoup de peuples slaves lui empruntèrent ses formes pour représenter les sons de la langue, tandis que d'autres employèrent les signes grecs.

Du reste, il est positif qu'on écrivait avec des lettres que nous appelons majuscules, et que la cursive s'introduisit assez tard comme tachygraphic. Cependant les inscriptions des murs de Pompéi nous montrent un autre alphabet, usité chez les Latins, que nous appellerons linéaire, dont les lettres sont presque entièrement phéniciennes, excepté leg qui est latin; ces inscriptions se composent de petites lignes séparées, à peu près à la manière des caractères cunéiformes. Il est probable que cet alphabet était en usage dans les pays des Vestins,

(les Rutules, des Marses, des IMarrucins, antérieurement au latin.

Voir G A.T^uv CCI ^ Iscrizioni gra/fiate sui muridi Pom/je/; Bruxelles,

Massmann, Libellas aurarius, sive tabulas ceratas romanx in fodbiaauraria apud Abrudbangam oppidulum transyloanum nuper repertx; Leipzig, 1840. Il parle beaucoup de la cursive latine.

Les langues primitives de l'Italie n'offrent d'intérêt que par leur rapport avec la latine, qui, malgré l'importance du grec et des idiomes asiatiques, reste la plus digne d'attention pour quiconque croit à la raison et aux enseignements de l'histoire, parce que, mieux que toute autre, elle nous a transmis les idées générales et nous a initiés à la science du passé ; elle est comme un pont jeté entre l'ancien monde et le nouveau. L'étude philosophique du latin, à la condition de remonter à ses sources et d'en suivre les développements, devrait donc précéder l'étude de ses mouvements littéraires.

Le carme Ogerio {Grxca et lat'ma lingua hebraizantes , seu de grxcx et lathix lingux cum hebraica affinUate ; Venise, 1764), déduisait le latin de l'hébreu ; Paulin de Saint-Barthélémy {De latlni sertnonis origine, etcum orîentalibus lingids conpinctione), etKlaproth {.4sîa polyglotta, p. 45), du sanscrit et en général des langues orientales. Cette opinion est partagée par Calmberg {De utilitate, quse ex accurata linguae sanscrilae cognitione in lingux grsecœ latlnseque etymologiamredundat) ; Madvig {Om kojnnetisprogene isaer i sanskrit latin og graesk) ; Prasch {De origine germanica lingux lalinse, Ratisbonne, 1686); et Jakel, Der gertnanische Ursprungder lateinischen Sprache und der rômischen folks, Breslau, (1830). Il en est qui le font dériver du slave {Osservazioni sulla somiglianz-a fra la lingua dei Russi e quella dei Romani, Milan, 181 7) ; d'autres exagèrent l'influence que les idiomes d'Italie avaient exercée sur la langue latine, comme Grotefend {Lateinisches Grammatik, 11,194); et Dorn {Ueber die Verwandtschajt der persisch-germanischen und griechisch-laieinischeyi Sprachstammes, p. 88). L'origine celtique, préconisée par une école autrefois à la mode, ne devait pas lui manquer; Funcio {De Origine lingux latinae, ch. i.) chercha donc à démontrer que la source primitive du latin était inconnue , et qu'il avait pour mère la langue celtique, pour institutrice la grecque.

Dans le sanscrit, où Ton cherche les étymologies des langues européennes appartenant au groupe appelé indo-germanique, on peut trouver certainement beaucoup des mots les plu.-^ usuels et les plus simples du latin, et, par conséquent, de l'italien ; qu'on nous permette d'eu offrir quelques exemples. Nous croyons inutile de prévenir que , dans ces comparaisons, il ne faut pas tenir compte des voyelles, caractère accidentel, mais des consonnes, forme constitutive.

/idja, hodie ; agnis^ ignis ; aicadaçan, undecim ; anilas, anima ; an-

/f/ms, aller; coifran, atitmm; asmi, sum; a. si, es\asti,e&l; bhràtar, frater; cadà^qnanào^çatain, centuni; ca^wr, quatuor; 2f/a?«, idem; iti, et\Uth(nn, item; jalad, gelu; kas, ka, kad, qui, quae, quod (1); kiikan,co\\\s;niàm, me, me; masa, mensis; mai, meus; mater, vasiter; vàrt, mare; caloarinçat, quadraginta ;cyflr, quo; çvas, cras; rfaçfm, decem;(/e5i7ma.v, decimus; dadami, dadasi, dadafi, do, das, dat, (5'.owat) ; (/^flrr(7,terra;ûf/afti7, genus; c?ma, dicas, dies; rfwcrdaçan, duodecim ; rf'je, duo; ad, edo; ganifar, genitor ^vartate, vertitur ; yfrs, vos ; vafàs, ventus ; r?rf, video ; vinçafi, viginti ; viras, vir.

Voici des noms d'animaux et de plantes : acvas, equus; hansas, anser; mor, mori; na, nau, non; nabhas, nubes; nàman, nomen; naus, navis; mavamas, nonns; navan, novem; n/ç, nox ; n?/, nunc ; pali-ala, palus •,pitar, tàfa, pater (2); /jî^^ro, puer; prathamas, primas; santi, sunt; sjàta, sitis; saptan, septem; sas, sex; sastas, sextus; saptati, septuaginta; sjam, sim; sjàma, simus, sjàs, sis; s/àf, sit; */«*, sint; smas, sumus; stha, estis; soas, suus; sw^cr, satus •ysvanas, sonus ; ^ct«, tendo ; tistafl, stat ; f/v', très ; trinçat, triginta ; tvan, tu, te , f ?;(7?, tuus ; nahati, vehit ; vamati, vomit ; muran, murus ; nîdas, nidus ; patra, patera ;/)«/f/, pilum ; ?'às, res ; sala, aula ; (sala ital.); ra/ias, veho (via) ; vallas, va\k\s;alifas, altus; camat, amans ; a naica s, \n\qnu% ; ff/Hf/or^,candens; (/e/r(7?jj,durus : micritas, mixtus; madhjas,med.i[is;7naduras, maturus; malas, malus; maimus, malignus; mer^a^, mortuus; ay?*, ovis; cor/amw^, calamtrs ; cauchilas, cuculus; çya?i, canis; maxica, musca; musas, mus; paçus, pecus ; palas, palea ; pikas, picus ; sarpas ; serpens ; stariman, stramen; ulukas, ulula; varahas, verres.

Parties du corps : caisaras, Qxsancs;capalas, eaput, ciras, cranium ; c/rrofja.';, cirrus (crinis) ; fucw.v, coxa; dantas, dentés; galas, g\x\a; jami, genu; jakert, jecur; lapas, labium; nasa, nasus; pod , pes ; pannas, penna ; fanfus, tendo.

Divers objets : calacas, ca\y\ ; cùpa s, cupa (coppa ital.); dhaman, domus ; matram, metrum; tapât, tepens; uttas, udus; varm/fas, armatus; yiwan, juvenis.

Dans les mots composés, où les Latins emploient a, in, înter, ab,

(1) Il est à croire qae les Latins prononçaient la syllabe qui comme on la prononce en français ; un jeu de mots de Cicéron semble le prouver. Le fils d'un cuisinier, coqnux, lui ayant demandé son vote, il lui répondit : Tibi quoque faveho, équivoijuant sur quoque et coque. Le C semble encore avoir eu le même son que l'S dans le français, comme on pourrait le déduire d'un passage d'Ausone, où Vénus dit : yata sala, suscepla solo, pâtre édita cœlo. Il n'y aurait pas eu de pointe, si l'on n'avait pas lu salo, solo, seto.

(2) Tata, pour papa, s'est conservé dans plusieurs de nos dialectes, et nous le trouvons dans les historiens byzantins; les Serviens l'emploient aussi. Dans la petite Russie et la Finlande, on dit talo, et tote dans la Frise. Nonius Marcellus lJ)e proprietate scrmonum) nous apprend que les nourrices appelaiciit cibum et potionem buas ac papas, matrem mamraan, palrem tatam .

prx, le sanscrit met à, ni, antm\ apa, pra ; d'où : acar, accurro ; ada, adilo ; alig, alligo ; antarbhU, interfui ; cuitari, iutereo ; apat, abeo; apasthà, absto; atul, attoUo; iiidic, indico; mùcas, mutus: navas, novus ; prativid, ^xos'\àv\^\putas, putis ; saklas, socius; sudin , sudus ; svàdus, suavis ; nisad, insideo ; nisthà, insto ; prcidà, prodo : pradic, praedico ; prasad, prœsideo ; prasthà, praesto.

L'a , dans le sanscrit, est privatif comme en grec ; c'est là une particularité qui prouve mieux l'analogie de deux langues que cent mots de forme semblable.

L'identité de la construction grammaticale est encore bien plus concluante que ces analogies verbales. Le sanscrit a transmis au latin, sans l'intermédiaire du grec, la terminaison en bus du datif pluriel, et en i du génitif, et les autres en bilis, bundus, brum, d'autant plus remarquables que le b est très-rare dans le latin primitif. Une foule de mots latins dérivent encore du sanscrit (ou peut-être de la langue mère du sanscrit) sans avoir traversé le grec, et même les noms de parenté, qui se conservent d'autant mieux qu'ils sont plus adhérents à la famille ; d'oii : soror, de svasar, qui est en grec àosXoTj ; f rater de bhràtar; vidua, de vidhavà, qui est en grec/vipa; puer, de putra;juvenis, àejuva7i; vir, de vira, que les Grecs disent r.caç,, vsavîa;, àvT^'p.

Nous ne voulons pas en conclure que les Italiens proviennent directement de rinde, mais confirmer cette dérivation commune que nous avons admise dès le principe.

Le latin, cependant, fitau grec des emprunts directs. Lingua latina, si exceperis ea qux tel exprimogenia lingiia reiimdf, vêla vicinis Celtis accepit, iota pêne fluxit a Grxcis, dit Vossius ( De vitiis sermonis, préf.) ; et Scaliger, dans le commentaire sur Festus : Eamdem pêne cum veieri grœca veterem linguam fuisse; et Grotius : Est veterum Latinorum lingua iota grœcae depravat/o. Nous avons cité de Dœderlein un commentaire sur la parenté des mots latins, sabins, ombriens, tusculans. Walchius, qui est regardé comme le meilleur historien de la langue latine, émet l'opinion suivante : l^isque ad Numam Pompilium grxca lingua magis quam latina viguif, quoniam pritni urbis incolcB Grseci fuerunt. Cette opinion fut générale ou prévalut chez les anciens, surtout depuis que, par l'imitation des auteurs grecs, la langue latine se rapprocha de la grecque. Mais est-il un peuple à qui la langue puisse être imposée par une puissance étrangère à son existence ? Le vocabulaire n'a-t-il pas la même origine que les traditions et la vie d'un peuple? D'autre part, il est hors de doute que le latin, à mesure qu'il se perfectionnait, se rapprocha du grec au lieu de s'en éloigner.

Tiron, dans Aulu-Gelle (XIII, 9), s'exprime ainsi : ï'eteres Romani grxcas lifteras nesciverwit, et 7'udes graecse linguœ fuerunt. Festus ajoute que, dans le cinquième et le sixième siècle, ils estropiaient les noms helléniques : Necdum adsueti grxcx lingux.

Aujourd'hui même il ne manque pas d'érudits qui veulent expliquer

par le grec toutes les langues italiques ; il suffira de citer de Gournay dans la dissertation sur le Chant des frères ^rya/es; Caen, 1845. Lassen, Beitrsege zitr Deutung der eugubinischen Tafeln; Pott, Forschungen auf dem Gebiete der indo-germanischen Sprachen ; Kuhn, Bei/rœge z-uni xUesten indo-germanischen Fœlker, ont soutenu récemment que le latin est indépendant du grec.

Dans le latin, en effet, on peut distinguer deux éléments, l'un original, l'autre de dérivation grecque, bien qu'il ait un caractère particulier ; c'est surtout du dialecte éolien qu'il se rapproche, avec affectation d'accent, ce qui faisait dire à Denys d'Harlicanasse (I, 90) : « Les Romains parlent une langue qui n'est ni tout à fait barbare ni tout à fait grecque, et dont la plus grande partie vient de l'éolien. »

Quelques auteurs ont cru reconnaître que les mots d'économie domestique et rurale, mais non ceux qui regardent la guerre et le gouvernement, dérivaient du grec. Au nombre des premiers seraient : bas, vitulus, ovis, aries etarvig7ia,agnus, sus, caper, porcus, puUus, canis, ager, silva, aro, sero, vinum, lac, mel, sal, oleum, lana, malum, ficus, glans^ outreforma, dérivation renversée de jj-offrj; repo, deîoTiw; specio, de t/.o-îoj. Les mots suivants n'ont aucun rapport avec le grec : lela, arma, hasta, pilum, ensis,gladius, sagitia, jacutum, clijpeus, cassis, balteus, ocrea; ni les termes du forum '.jus, lis,/orum, mutuum, vas, testis ; ni : rex, populus, plebs. (Muelleb, Die Etrusker, tom. L 8, note 2i.)

Si l'on voulait néanmoins , comme Niebùhr , en conclure qu'une race aborigène et pacifique fut subjuguée par un peuple belliqueux, que l'on se rappelle que, dans toutes les langues indo-européennes, on trouve de la ressemblance entre les mots relatifs aux occupations tranquilles, tandis que chaque peuple, pour la chasse et la guerre, a des termes plus spéciaux.

En outre, l'assertion de INIùller est trop absolue, puisque vitulus ( ttaAûç) ne se trouve que dans le dialecte sicilien, qui reçut des OEnoiriens beaucoup d'expressions italiques. F'acca.mulus,juvencus,verres, n'ont rien de commun avec le grec; dériver agniis et aries deàpvôç et de /.p'.ôç, c'est faire violence à l'étymologie ; asinus et eqmis ont peu de rapport avec 5voç et 't'7:7:o;, et nwXo;, dans le sens restreint de pnllus, est peu ancien ; equus, au contraire, ressemble au sanscrit acvas, pec'fs à pacus,ovis havis,ca)iisii çcan,anser à/ta/isas. Les produits de l'agriculture s'expriment par des mots qui ne sont pas grecs : ador, avena, cicer, faba, Jar, fœnum, hordeum, seges , triticum. Dans les quelques fragments qui nous restent des Siciliens Épicharme et Sophron, on trouve d'autres mots étrangers au grec , et qui se rapprochent du latin, comme: YÉ).a,^e/«; ■/.:^c/.apov,carcer;/.âTavoç, catinum; T.y.-.i^ta., patina (1).

(I Bien plus, chose remarquable, les colonies chalcidiques et doriennes appe-

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