ARCHAÏSMES
struix, coustructiou : subulo, joueur de flûte; suras, cheville; temetum, vin; tenus, lacet; sutela, fourberie; tercjhium, fouet; trico, mauvais payeur ; vesperugo, étoile du soir. Il est probable qu'on disait 01' et ura, pour urbs^ mots conservés dans nuburra, faubourg, et dans Orvieto. J'omets les noms spéciaux de vêtements, tombés en désuétude , ou ceux de métiers et d'histoire naturelle que les écrivains postérieurs n'eurent pas l'occasion de nommer.
D'autres mots , en plus grand nombre , eurent une signification qu'il perdirent ensuite : arrhabo, pour arrhes; caudex , pour imbécille ; flagitiu7n, pour flagi/atio; lixres , pour propriétaire ; /ios^/s , pour étranger; labor, pour maladie; niigae, pour nenia; usas, pour opus..., ou bien reçurent une terminaison différente.
Plusieurs noms , employés d'abord au singulier, n'eurent ensuite que la forme plurielle {mœne); certains diminutifs disparurent {digitulus, diecula); des noms de la troisième déclinaison passèrent dans la première : augustitas , concorditas, differitas , impigritas, indulgilas, opulentitas, pestilitas, tristitias; on disait aussi: autuninitas, amicities , avarities, luxuries , duritudo, ineptitudo , jniseritudo, mœstitudo. Quelques noms avaient un genre différent, comme : gladium , nasum , coUus; agnus , lupus , porcus étaient du masculin ou du féminin. yErarium, xtas , grando, giittur, mu7'mur,frons, sfirps, lux, crux, calx, silex, avaient le genre mascviVm ; /inis , prxsepe , met us , le genre féminin; sexus , le genre neutre. Deliquio, ernenda, étaient neutres avec cette terminaison inusitée ; on disait aussi : similitas et similitudo , viclssitas et vicissitudo , dulcitas et dulcedo , claritas et claritudo, inanla et inanitas , cupedia et cuplditas , largitas et largitio , et même artiia et raptio pour artus et raptus. On déclinait, comme de la seconde, (/e?27/m, cornum , gelum, etc., etc.
Le génitif, dans la première déclinaison, finit souvent eu ai ou as à la manière grecque ; dans la seconde , le génitif des noms eu ius et ium se termine par un i simple ; on ajoute un e au vocatif des noms en r {puere); le génitif pluriel se contracte souvent en ûm. Les accusatifs et les datifs de la troisième ont indifféremment pour finale Un ou em , i ou e; le nominatif pluriel se fait en is , le génitif en um ou ium. 11 n'est pas rare de voir les noms de la quatrième déclinaison prendre la forme de ceux de la seconde; le génitif se termine en uis {domuis^ exerciluis), et l'on supprime Vi du datif {a/ru). Le génitif, dans la cinquième , ne se distingue pas du nominatif, et l'e du datif disparaît {/acie pour /cfciei).
On abusait des mots grecs [architecton, pour architectus ; batiola de ^dt-iov; gaulus , de Ya-jÀôç; halophanta , de xÀo^âvTT;;, menteur; horxum, de wpaîov ; incloctor, de ■/Xoi^i<ft\ç,, fouetteur ; lepada, de \i-ii; madulsa, de axowv , ivre, etc.). Les contemporains d'Auguste trouvèrent monstrueuses certaines compositions de mots.
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comme argeiitienterebronides, damnigeruli ^ denllfrangibula ^ ferritribaces^flagritribx, gerulifigulus , nucifrangibula , oodicrepidx, parenticida , plagipatidx , sandaligerii/x, etc. Je n'indique pas les noms que Plaute et d'autres formèrent par onomatopée dans un but de moquerie, bilbare , pubidlcottabi , buttubata , taxtas.
La formation des adjectifs , déclinés souvent d'une manière différente, suivait une marche plus libre, comme : crucius, qui tourmente; deliqui{s, dierectus , etleborosus , exsinceratus , gravastellus , inaniloquus ^ labosus , viacellus , malacus , medioxhnus, munis (d'oii immunis), oculissimus , privus , stultividus , voluptabilis. On leur donnait parfois une signification différente de celle qu'ils eurent plus tard : assiduus signifiait riche ; car on le faisait dériver, non de adsedeo, mais deassibus duendis ; cupidus, désirable ; cv/riosMs^ maigre; immemorabilis, employé activement pour celui qui ne veut pas parler ; incredibilis, qui ne mérite pas confiance ; ititestabilis, sans génitoires; super stitiosus, qui prédit l'avenir.
Aller, solus, nullus, et les mots de forme semblable, n'avaient pas le génitif en îus ni le datif en i. Celer, au neutre, faisait celerum; on disait gnarures, pour gnari; gracila, \^o\ir gracilis ; hilarus, pour ^ilaris; utibilis, pour utilis ; munificior, pour munijicentior ; spiircificus, pour sporcus; tentus , pour extentus ; ipsits, pour ipse; ipsîpsus , pour ille ipse ; qui et quips, pour quis ; ips, pour is; eu- Jalis, pour cujiis ; em et im, pour eum; emem, pour eumdem ; hic, hxc, isthxc, pour lu, hse, hxc; hisce, pour his; quojus, pour cujus ; vopte , pour vos ipsi; me, pour mihi; sum , sam, sas, sos, pour suum, suas, stios; ibus, pour ?7*^ etc.
Beaucoup de verbes , usités dans ces époques reculées , furent répudiés par l'usage, arbitre souverain du langage : Abjugo, separo ; abverrunco, averto; alludio , d[\\\ào ; ambabedo, circumquaque arrodo; betere, ire, et imbilo, ineo ; cxcultare,xï'\d\Q. videre ; calvire, frustrare ; caperare, froncer les sourcils ; causîficari, accusare ; cicurare, mansuefacere ; collabescei'e , maigrir ; colluturare, jeter dans la boue ; compolire, compotem facere ; concenturiare, colligere; concipilare, compilare; convasare, corvitare, circumspicere ; deartuare, démembrer; dejuvare, le contraire de juoare; delicare, indicare; depucere, csedere; dispetidere ,exspeudere ; elitiguare, esitare, manger; exdorsuare , frigultlre eX. vitulari, bondir; inconciliare, négatif de conciliare; in/orare , traîner au forum; lamberare, scindere; lapire , durcir; lurcare, manger beaucoup; mutire, parler; obscavare , être de mauvais augure ; o6A7pare,'aspergere ; occenlare, injurier ; paritare, liarave ; prxstinare, emere ; protollere , différer; quiritare , clamare; recf/i05/?re, gratiam referre; r^gre.çcere , crescere ; repedare, recedere ; sardare , intelligere; succussare , snvswm excutere; urvare, circumdare ',fno, sum ; gnarigo, narro ; verrunco, verto ; cette, cedite ; elevit, maculavit; obsorduit , obsolevit; outre ceux qui sont entière-
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ment grecs : badlzare , clepere , harpagare , imbulbitare , patrissare, protelare.
Quelques verbes furent employés avec une signification différente , ou sous des formes et des terminaisons qu'ils perdirent ensuite lorsque la conjugaison resta ûxée^ comme : corporare, faire mourir ,- decollare, priver; grassari, marcher ou flatter; innubere , se transporter d'un lieu dans un autre ; latrocinari, combattre. D'autres verbes , d'abord actifs, devinrent déponents : arbitra , aucupo , auspico , cohorto, congredio, consola, cantetnpla ^ cuncto, digna , éluda, expergisco, etc. On employait comme déponents : adjutor, bellor, certar, consecror, copidor, emungor, punior, sacrificor, spalior.
Lesterminaisous différaient des modernes dans : accepta, accipio;aMgifico, augeo ; blatio, blatero ; cangruea , congruo ; vicea; dicea; duo, do; credua ; perdua ; moriri; scalpurire, scalpere. On disait encore ; estur, pour edilur ; facitur, pour ^7; asus sum, pour adl; patestur, possetur et poteratur ; donunf , pour dant; nequinunt , soliunt, pour nequeunt, noient ; fer inunt ; prodinunt ; scibcon ; capsi, pour ccepi; descendidi, expa.sivi , loquitatus; morsi pour tnainordi ; parsi, sapivi , soluerim , pour peperci, sapiii ^ solitus mon. Le futur de la troisième et de la quatrième conjugaison se terminait souvent en ibo et ebo; on avait encore les impératifs duce, face, dice ; et siem, volam, edim, poursim, velim, edam ; faxo eifaxim, pour faciatn; axim, pour egerim; passum, pour pansum ; sustollere , pour auferre; dixe, pour dixisse , se trouve dans Varron.
Les différences n'étaient pas moins grandes dans les adverbes : xtutem, pour rf/«; anipliter; antidhac ; assulatim ; astu, pour astute, eccere, j^our ecce ; fabre ; facid ; difficul ; furatim, pour furt/'m ; insanum, pour valde; minutabiliter ; nax pour nactii; nullus , pour non; numéro, pour nimium cita; pauxillisper ; perpeteni; poslidea; prsefiscine ; prognaviter ; prossinam; publicitus; quamde ; simuli et unase pour sitnid; topper, pour cita ; tuativi , vicissatim.
Les prépositions et les phrases qui s'en formaient, offraient les mêmes diversités : am, pour circuin ; apar, pour apud; ar et ab, pour ad; af, pour a ; se, pour sine ; enda, pour in. Adiré maman alicui, gallam bibere, ac rugas conducere ventri; csedere sermanes; colère vitam; quadrupedem constringere ; dapinare victum; dare bibere; suum defrudare genium ; herbam dare; follitim ductitare; paratim ductare ; emungere aliquem argent a ; ex atiquo crepitmn polentarium exciere ; exporgere frontem ; curculiunculas mimitos fabulari ; expeculiatus fieri; fraudem frausus est; mulsa loqui; datalim ludere ; absipare aqimlam; abtrudere palpum; ornare fugam, osaccillare; percutere animum ; sub vitam prœliari ; sermonem subleqere ; fulmentas suppingere saccis ; thermapoto gutturem ; pugilice et athletice valere ; asymbolum ventre; de symbolis esse ; aeslive viaticari.
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