LANGAGE VULGAIRE DES LATINS
puUecinem; et il dégrada un consul qui, au lieu de ipsi , avait écrit ixi (essi, it,). On disait g-rowarmw, scopare , jubilare , birotusoxx carruca, morsicare; aura {oca, it. ); planuria, pour horreum; verrere , qxiiritare, currus , mordere, anser, planities, employés dans le langage élevé; sanguisvga, pour hirudo; rnajale , pour verres; rasores, pour novaculœ; cloppiis {clop/'n, fr. z-oppo , it.); pour claudus; parentes, pour affines; pisînni , pour filii. On pourrait ajouter beaucoup à ces citations en fouillant dans les écrivains d'agriculture et d"arpentage ; Jean Galvani a fait une étude particulière de ces transformations , dont il a consigné les résultats à la suite de sou discours: Des nations italiques et de leurs langues; Florence, 1849. Mais : Qu'on a tort de croire à l'identité du latin rustique, légèrement transformé , avec ntalien vulgaire, est le titre d'un article d'Orioli, inséré dans le Giornale Arcadico de 1856, article d'une érudition plus prétentieuse que concluante.
Pétrone met en scène des esclaves qui parlent un langage grossier, et dont les phrases se rapprochent de l'italien moderne : « Non potei trovare uua boccata di pane. — Quello era vivere ! — Come un di uoi. — Mi sono mangiato i panni. » Non hodie buccam pan/s invenire potui. — lllud erat vivere! — Tanquam unus de nobis. — Mm come di pannos meos. Papa, dans plusieurs dialectes, se dit tata. Valérius Flaccus écrit : Attam pro reverentia cuilibet seni dicimus, quasi eum avi nomine appellemus; et atavus, quia tata est avi, id est ,pater. Caton, qui écrivait pour les gens de la campagne, dit : Arundinem prende.
Il ne serait pas difficile de trouver dans la meilleure époque certaines locutions qui nous semblent des idiotismes italiens :
Horace : Prseter plorare.
ViBGiLE : Dispeream nisi me perdidit iste pxdus.
Lucrèce : Ad levare sitim fontes Jluviique vocobant.
Justin : Facere amicitiam, litteras , fœdus , classes.
QuiNTiLiEN : Sic discernet hsec discendi magister, quomodo palœstricus ille cursoretn faciet , aut pugilem aut luctatorem... Omnes très de bonis contendunt.
Plaute : Çtiid hic vos duae agitis? — Et nescio quid vos velitati estis inter vos duos.
Martianus Capella : Omnes très lineas inter se inxquales habet (le triangle scalène).
Caton, de lie rust., CLXII, enseigne la prière suivante pour les dieux en général et pour Mars en particulier : Uti tu fruges, frumenta, vina, virgullaque grayidire beneque evenire sinas. On y trouve les expressions italiennes ingrandire et venir bene.
Nous trouvons de même dans Ausone testa, pour caput; dans Pal-
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lade, cribellare; daus Apulée, minure, pour mener; dans Sénèque, jornus et tonus, pour jour et ton ; dans d'autres, retornare, putilla, puta, strata , pour redire , puella , via; dans Pline, molli fermentati panis; dans Vitruve , remi strophis religati ; dans quelques dialectes , ce stroph us signifie osier.
Dans VÂ7ie d'or, un soldat demande à un jardinier : Quorsujn vacuum duceret asinum? IN'étant pas compris, il réplique : [bi dvcis asinum istum? Le jardinier le comprend et lui répond, ce qui prouve qaelemoi quo}sum n'était plus usité. On employait, au contraire, buricus pour désigner une bête de somme , expression qui ne figure pas dans les œuvres écrites. Saint Jérôme (In Eccles.. x.) écrit : Manni, quos vulgo buricos appellant.
Dans la prononciation, on élidait souvent Vm, le c, Y s finale; outre l'usage des anciens poètes, qui, par exemple, finissent l'hexamètre par y€/ius seoctus , ou bien par optimus longe, suppression attestée par Victorin ( de Orfhogr. ) : Scribere quidem omnibus litteris oportet , enuntiondo autem quasdam litteras elidere. Quintilien (ix, 4), dit que Vm se prononçait à peine : Âtqui eadem illa littera , qxiotiesxdtima est, etvocalem verbi sequentis ita coyitingit, ut in eam transire possit, etiamsi scribitur, tamen parum exprimitur, ut Multum ille et Quantum erat, adeo ut penc cujusdam novœ litterx sonum reddat . Xeque enim eximitur, sed obscur atur, et tantum aliqua inter duas vocales relut nota est, neipsae coeant.
Cassiodore {de Orfhogr., ch. i, )cite un passage de Cornutus, oii il est dit que la prononciation de Vm devant une voyelle durum ac barbarum sonat; par enim atque idem est vitium, ita cum vocali sîcut cum consonanti m litteram exprimere ; c'était là une distinction délicate qui devait échapper au vulgaire. L'm cependant est supprimée dans beaucoup d'épigraphes , comme on peut le voir dans Y Index de Griiter; par exemple, anteora positu est.
Uu se changeait aussi eno (serrom, voltis) , et l'on prononçait o au lieu de e ou de au [vostris, olla, pour aulla ) et v pour b {vellum poi\r bellum) ; c'est ainsi que de rw/pa, mundus,Jides, très, aurum, scribere, sic, per hoc, viennent les mots italiens fo//?cr, mondo ,fede, tre, oro, scrivere,si,perà. Festus(rfe J erb.signif.^ xvi,) écrit donc: Orata gemcs piscis appellatur a colore auri, quod rustici orum dicebant , ut auricolas oricolas.
Un grand nombre de mots se contractaient, comme : poplus, circlus, soldum , lardum , sarfor, posti , ce dont on trouve quelques traces dans les écrits; Quintilien (I, 6.) dit qu'Auguste prononçait calda, au lieu de calida. Meus dut se dire viius (mio, it. ), d'où est venu le vocatif mi.
Les nombreuses erreurs des inscriptions nous fournissent la preuve que la manière de prononcer se rapprochait plus de celle des Italiens modernes que la langue écrite. Lorsque je vis Hâve au seuil de la
ni DIFFÉRENCES GRAMMATICALES.
maison de Fauniis à Pompéï , je crus que c'était une erreur de Tinculte propriétaire ; mais, comme je rencontrai la même forme sur une pierre de l'escalier qui conduit au soUocorpo de la magnifique cathédrale de Salerne , je pensai qu'elle dépendait d'une manière de prononcer particulière à cette côte. Un vase trouvé à Pompéï portait aussi cette inscription , Praesta mi sincerum innuni. Les bizarres inscriptions découvertes sur les murs de cette ville exhumée , et qui furent tracées par des gens du peuple ou des soldats , offrent encore de plus grandes variétés.
Dans les fouilles récentes faites à Ostie , on a trouvé ces inscriptions chrétiennes :
LOC — APHEODISIAES — CUM DEUS PERMICERIT. CAELIUS — HIC DORMIT — ET DECRIA — QUANDO DEUS — BOLUERIT.
Ces erreurs deviennent plus nombreuses dans les épitaphes des premiers temps chrétiens , qui nous ont été conservées par Bianchini , Bosio, Griiter, Muratori, Beldetti, erreurs qui rapprochent les mots de ceux de la langue italienne actuelle.
Dans le cimetière de Sainte-Hélène à Rome , on a trouvé l'épitaphe suivante , du troisième ou quatrième siècle :
Tersîc decimxi calendas febraras Decessit inpace qulntus annoro Octo mensorum dece in pace.
Une autre est ainsi conçue :
Gaudentius in pace gui vixit annis xx Et VIII mesis cinque dies bigînti Jhet depossone x kal. octobres.
Muratori, dans le Novus Thésaurus , vol. IV, p. 1829, cite des épitaphes du cimetière de Sainte-Cécile à Rome , d'une haute antiquité, qui disent :
Qui jacet Ânto-
ni Dio te guardi
et Jacoba sua uxor .
Madona Joana
uxor de Cecho
delta Sidia.
Et dans l'église de Saint-Biaise au pied du Capitole :
Ite "delta dicta echiesa.
L'/ euphonique , qui semble particulier à l'italien , se lit dans une inscription des grottes du Vatican AB ISPECIOS \.