TOMBEAUX
supportait deux vases de bronze; deux autres vases d'argent pendaient au-dessus de cette ouverture. Près de l'entrée était un brasier de bronze sur un trépied de fer, puis une espèce de candélabre à parfum, orné d'animaux symboliques ; non loin de là, il y avait un autre brasier moins grand, eu face des fragments d'uu char à quatre roues, et, sur la droite, un lit de bronze formé de lames en croix : lit et char faits pour des vivants, et là consacrés à l'usage des morts. Aux deux extrémités du lit s'élevaient deux petits autels de fer ; vis-à-vis , on voyait suspendus huit boucliers de bronze très-fin, 'entremêlés de dards et d'instruments de guerre et de sacrifices. Devant le lit, et dans une chambre latérale , on comptait trente-six petites idoles d'argile noire, représentant un vieillard qui appuie sur ses mains son menton barbu. Des clous de bronze dans la voûte soutenaient des vases du même métal; dans le fond de la cellule, on trouva des colliers d'or et d'argent , les manches de six ombrelles , des coupes et des plats d'argent. Le cadavre, probablement de femme, était couvert de tant de joyaux , qu'on a pu , avec les fragments d'or mêlés à la terre, remplir un grand panier; outre un diadème, il y avait un collier, deux bracelets, des chaînes, des boucles d'oreilles, enfin un pectoral en filigrane d'or, composé de neuf zones concentriques avec des représentations symboliques en relief.
D'autres tombes , destinées peut-être à des familles sacerdotales, ressemblent à de petits temples ; celles de Castel d'Asso ou Castellacio, près de Viterbe, creusées dans le tuf, sont trèsimportantes par leur architecture extérieure : riches frontons, corniches à triglyphes, et portes surbaissées qui rappellent le style égyptien; c'est le dorique, au contraire, qui apparaît dans celles de Norcia, où se trouve un bas-relief, le seul en ce genre qui, en Italie, offre un fronton grand et complet. Les traces de couleurs apparentes sur beaucoup de parties du monument attestent qu'à cette époque on employait la décoration polychrromatique, qu'on croyait naguère être un misérable procédé du moyen âge, tandis qu'elle s'appliquait aux statues les plus classiques et dans les temps les plus vantés de l'antiquité. Dans le tombeau des Volumniens, découvert à Pérouse en 1840, tout fut conservé intact pour la satisfaction des observateurs; creusées dans le tuf, les chambres sont toutes simples, sans peintures ni autre ornement qu'une colonnette extérieure portant une inscription ; il est construit régulièrement en croix latine, dont le fond en abside sert à la sépui-