‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 32 sur 319 · ORIGINE DES \ASE^ ÉTRUSQUES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES \ASE^ ÉTRUSQUES

quième siècle, un nouveau style apparaît; les contours se dessinent mieux , mais l'expression , les muscles et l'attitude sont exagérés, les doigts roides, les profils rudes, les membres mal attachés. Les meilleurs seraient contemporains de la belle époque de l'art grec; les ornements ont de la délicatesse, mais les figures pèchent toujours par l'excessif et le maniéré. Peu à peu le bizarre s'empara des formes et des nuances; on passa du délicat à l'agréable, et l'on tomba dans le négligé et le conventionnel. D'après les scènes qu'ils représentent , on a voulu aussi juger de leur antiquité plus ou moins grande. On attribue à une époque très-reculée les vases qui imitent les dessins égyptiens et orientaux, avec des personnages de double nature, des sphinx ailés, des monstres bizarres, des génies à deux ou quatre ailes, des scarabées.

Chronologie conventionnelle, parce que, fondée sur l'hypothèse d'un progrès régulier, elle ne tient pas compte de l'iiabileté diverse des ouvriers. A notre avis , mais pour un certain nombre de ces objets, l'âge peut être déterminé d'après les lieux où ils se trouvent; ainsi, Vétulonies, très- ancienne, donnerait les premiers ; les vases de Vulci seraient antérieurs à tout ce qui serait un produit analogue grec ou romain; les noirs d'Albano, souvent à cloches , sont attribués aux aborigènes ; les plus récents , noirs et vernissés , mais sans peintures, semblent être ceux d'Hereulanum etdePompéi.

Les écrivains des beaux arts avaient affirmé que Fart du potier dérivait de la Grèce ; on appela grecs les premiers vases étrusques , d'abord en petit nombre , et l'on persista dans cette opinion même alors que les terres d'Italie les eurent fournis par milliers. Comme plusieurs de ces vases portaient le nom du peintre ou du potier, ou bien une inscription grecque, et principalement celle-ci : Twv 'Aô/iv/jOev à'OXwv, c'est-à-dire prw; donnés à At/thics, on supposait qu'Athènes avait distribué ces vases aux vainqueurs des jeux, et que, transportés en Italie, on les avait déposés dans la tombe de celui qu'on voulait honorer. Beaucoup de sujets, dans les peintures, ont trait à la mythologie grecque, et reproduisent les symboles connus des divinités olympiennes ; le style des vases tient lui-même du grec et correspond aux âges divers des arts helléniques. Pline nous dit que Démarate, émigrant de Corinthe pour se fixer à Tarquinies, mena avec lui les potiers Eucheir et Eugraphos (l); langage mythique, voulant dire sans

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HIST. OFS ITXr . — T. I, ,")

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doute que les Toscans avaient appris des Grecs à dessiner gracieusement et à bien modeler. Néanmoins, cette appellation, l'art étrusque, ne convient pas mieux que si Ton appelait américains les objets fabriqués sur l'autre continent par les Européens. Comme les premiers travaux d'art venus à Rome sortaient de la Toscane , les Romains appelèrent étrusque le style dur et archaïque , sans se douter qu'il était propre aux Grecs ; ils se confirmèrent davantage dans cette distinction , lorsqu'ils eurent acquis en Grèce des objets d'une exquise perfection, dont la comparaison leur fit attribuer aux Étrusques ce style, qui cependant n'était, en réalité , que l'art grec antique.

Ainsi raisonnent les partisans des Grecs; mais , quoiqu'ils disent , les beaux vases se trouvent avec abondance en Italie , tandis qu'ils sont rares ailleurs; ne serable-t-il pas naturel de conclure qu'ils se fabriquaient là même où ils servaient à quelque usage ? Et comme on ne leur connaît pas d'autre emploi, puisque, outre qu'ils sont tout neufs , le plus grand nombre manque de fond , et que leur surface n'est ni fondue ni vitrifiée comme il le faudrait pour servir aux usages de la vie , nous devons croire qu'on les destinait spécialement aux tombeaux. Comment admettre que les Italiens allaient chercher loin de leur pays ce qui servait à leurs rites particuliers? La coutume de déposer les vases dans les tombes était , du reste , étrangère aux Grecs. Les vases trouvés dans l'Attique sont en petit nombre el^fe^ius élégants ; ceux de la Sicile, si intimement liée à la Grèce, ne surfassent pas les vases vraiment étrusques ou noiains. Un Étrusq^^But aussi avoir remporté quelque prix panathénaïque ; mais , >m on réfléchit aux difficultés de communication chez les anciens, et à la fragilité des vases , pourra-t-on se persuader qu'on les eût transportés par milliers, et dans l'unique but de les ensevelir? Les légendes des sujets grecs prouveraient seulement que l'imitation est une mode fort ancienne , que l'influence grecque fut prédominante, et que les poèmes homériques furent très-répandus ; ces poèmes, d'ailleurs , recueils de rhapsodies orales, purent se vulgariser parmi les Pélasges et les Tyrrhéniens, ou parmi les peuples, quel que soit leur nom, qui, dès la plus haute antiquité, peuplèrent la Grèce et l'Italie, sans qu'on puisse dire quels furent les premiers. L'inscription que nous avons rapportée, pouvait encore indiquer un des prix cVorigiJie athénienne, que l'on distribuait dans les jeux que l'Italie imitait de l'Attique, Nous savons que les vases étrusques, de bronze, étaient recherchés

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