‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 35 sur 319 · ORIGINE DES VASES ÉTRUSQUES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES VASES ÉTRUSQUES

de l'Europe, attestent une civilisation florissante. Examinées dans leur ensemble , elles ne manifestent pas ce progrès régulier qui fait de la Grèce l'objet de notre admiration ; au contraire, elles prouvent que, si les Étrusques savaient s'approprier les découvertes des autres , raffiner l'exécution mécanique , faire des applications à l'utilité domestique ou commune, ils manquaient du génie inventif et du libre essor, grâce auxquels la Grèce n'a pas été surpassée. Cependant, tandis que l'art oriental reste immobile , et que les Égyptiens , en dépit des siècles qui changent , ne changent pas leur manière de construire les pyramides et les hypogées, l'art en Étrurie, non-seulement ne déroge pas au principe , mais il sait encore avancer et se renouveler.

De cette civilisation remarquable , tous les souvenirs sont éteints ; des trois Étruries, celle du bassin du Pô fut anéantie par les Gaulois; celle de la Campanie, par les Sabins, qui, se précipitant de la montagne, prirent Vulturne et l'appelèrent Capoue. Rome fit le reste; les guerres de Sylla détruisirent les monuments, surtout les œuvres écrites. La vengeance des vainqueurs voulut effacer la mémoire de celle qui , d'abord, avait été leur protectrice , puis leur maîtresse ; les poètes louèrent Auguste d'avoir renversé les autels de l'Étrurie (i); on établit dans ses villes des colonies qui firent prédominer la langue latine, et réduisirent les propriétaires à l'état de fermiers; désormais, quand les Grecs parlèrent des Étrusques , ce fut pour les traiter de corsaires et de gens dépravés ; pour les Romains , c'étaient des aruspices et des artistes, et les Étrusques eux-mêmes n'aspirèrent qu'à devenir entièrement Romains. A moitié chemin de Rome à Civita-Vecchia, la fameuse Cœré ne s'annonce que par ses tombeaux; Vétulonies, célébrée par Silius Italiens, a disparu dans les funestes maremmes; la situation de Véies, longtemps la rivale de Rome, a été l'objet de longues discussions ; enfin , on l'a placée dans l'Ile Farnèse, au milieu d'un terrain morbifère. De Sutri, qui semble avoir été sous sa dépendance , il ne reste que de belles ruines, un magnifique amphithéâtre creusé dans le roc, et des murailles de pierres carrées. Quant au temple de Voltumna, où se réunissait la diète fédérale étrusque, on ne sait pas même où il était situé ; et les tombeaux seuls nous parlent d'un si grand peuple et d'une civilisation si florissante (2).

(0 Evetsosqse focos antiquœ gentis hetruscœ.

(Proi'erce, h, 28.) (2) Tout ce qu'on avait écrit sur les Étrusques avant 182» a été repris par

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