CHAPITRE IV
Avec rincertitude qui règne sur les peuples principaux , est-il étonnant que nous ne connaissions guère que les noms des autres habitants de d'Italie? Dans la partie septentrionale, les Orobii (terme générique qui , comme Aborigènes , Taurisques et Hermiques, signifie habitants des montagnes) demeuraient entre les lacs de Como etd'Iseo ; ils bâtirent Comum, Bergame, Liciniferum, etBara, sur la situation de laquelle on, n'est pas d'accord. Ce sont là des assertions de Pline seul , qui les appuie sur l'ouvrage perdu de Caton.
Ottt'ried Millier, dans les quatre livres intitulés : Die Etrusher. Cet ouvrage , bien inférieur à son travail sur les Doriens, et qu'il avait publié avant qu'on ou^rît les petits tombeaux de Vuki, avait été précédé d'un autre : VorerinneriDuj iibcr die QiieUen (1er ctruskischen Alterthinnskundc , dans lequel il discute les autorités grecques, romaines et traditionnelles, et se moque souvent de l'orgueil italien, qui repousse l'origine grecque de la civilisation étrusque, tlièse qu'il défend.
Le principal défenseur de l'origine italique est Micali dans Yltalia avanli il dominio deï Romani, 1810, qui suppose continuellement un peuple d'origine et de croyance indigènes , auquel se mêlèrent ensuite d'autres peuples ayant des rites divers; mais, dans la Storia dcgli anlichi popoU. i/oliani, 1832, il nie moins résolument l'inlluence asiatique et égyptienne sur la ci\ilisation étrusque, et moins encore dans les Monumenti inediii a illustrazione délia storia degli antichÀ popoii italianï, 1844.
Pour Niebuhr, les Pélasges et les Tyrrhéniens sont identiques; venus d'Occident, ils s'étaient établis dans l'Étrurie ; mais ils diffèrent entièrement des Étrusques et des Rhasènes.
Parmi ceux, en très-grand nombre, qui ont récemment traité ces questions, nous citerons :
G. J. Grotlfend, Délia Geografia e Storia delV antica Italia fine alla
domina- ione romana. Hanovre, 1840.
W. Abeken, Mittelitalien vor den Zeiten rômisclier Herrschaft; Stuttgard 1843. Il reconnaît dans l'ancienne Italie quatre races principales : r Les Tyrrliéniens, peut-être Pélasges, d'où sortirent les Sicules, les Sa-
bins, les Latins; 2" Les Rhasènes ou Rhètes, qui , se fondant avec les vaincus , formèrent les Étrusques ; c'est pourquoi les Tyrrhéniens , entre l'Arno et le Tibre, se distinguent des autres Etrusques; 3° Les Aborigènes , Basques , Ausones , Aurunci ; 4" Les Helléniques.
Les Vénètes, peuple ill\ rien, s'étendaient, d'un côté, jusqu'aux bouclies de l'Adige, de l'autre, jusqu'aux hauteurs entre ce fleuve et le Bacchiglione. Les Liburnes, fixés sur les côtes de l'Adriatique, et les Dauniens, qui vivaient à l'extrémité de la Péninsule, étaient lUyriens aussi ou peut-ètrePélasges; les Eugauéens, qui cultivaient les montagnes et les vallées situées autour des lacs Lario, Bénaco, Sébino, après que les Vénètes les eurent expulsés des collines padouanes, qui ont conservé leur nom, étaient probablement d'origine illyrienne, de même que leslstriotes, qui occupaient le littoral adriatique depuis l'embouchure du Timave jusqu'à la petite rivière de TArsia; ils avaient d'importantes cités, comme Tergeste et Pola, et s'appuyaient aux Alpes Carniques et Juliennes; on les compte parmi les peuples d'Italie, bien qu'ils n'apparaissent dans l'histoire que lorsqu'ils défendent valeureusement leur indépendance contre les Romains.
Les Ligures , qui étendaient leur empire des Pyrénées à l'embouchure de l'Arno , peuplaient ce qu'on appelle aujourd'hui le Piémont. Sauvages, avec une longue chevelure, on disait que frêle LUjirre valait mieux que/or^ Gaulois^ et que leurs femmes avaient la force des hommes, et les hommes celle des bêtes féroces; au prix de grands travaux , ils cultivèrent le terrain gagné artificiellement sur les lieux mêmes où, de nos jours, trente mille hectares sont soutenus par de petits murs; ils guerroyaient contre les Tusques et les Grecs de Marseille, qui, pour les réfréner, établirent les deux colonies de Nice et de Monaco. Les Romains eux-mêmes ne purent les dompter qu'en les transplantant.
Ausones, Aurunci, Opiques, Osques, semblent être diverses dénominations du peuple qui habitait la lisière occidentale de la basse Italie, où l'on vo5'ait Amicla sur la mer; Fondi, avec son lac aux îles flottantes; Formia, ainsi nommée de ses ports nombreux, et que les Lestrygons avaient habitée autrefois ; Gaëte, qui , dans les fables troyennes, conserva le nom de la nourrice d'Enée; Lamum, où Ulysse reconnaissait un bon port; dans les terres, Minturne , avec le bois sacré de la nymphe Marica, et les marais formés par le Liris; Calenum, renommée pour ses vins exquis, comme le Cécube, Le nom d' Aurunci est restreint aux habitants de la partie montagneuse , où s'élève Sessa (Suessa) ; les ruines d'Aurunca, leur capitale, se voient près de Rôcca Monfina.
Les différentes tribus des Osques formèrent les Voisques, les Euniens, lesRutuIes, les Herniques. Près duLatium, dans la vallée del'Anio et sur les premières hauteurs des âpres montagnes