PEUPLES DE l'italie moyenne
environnaules , demeuraient les Èques, dont les principales \illes fortes étaient Préneste et Tibur; plus avant dans l'intérieur, et vers les sources de l'Anio et du Liris , se trouvaient les Herniques, avec les villes d'Agnani, Véroli, Alatri, Férentino; au midi , les Voisques , dans un pays couvert de populations et de Ibrtercsses , parmi lesquelles Corioles, qui a péri sans laisser de vestiges, Aquinum, Arpinum, Frosinone, Vellétri, Signia, Corba, Cassinum, Sulmona, Sora, Privernum; leur capitale, Suessa Pométia, s'élevait au centre de la plaine Pontine non encore morbifère. Venaient ensuite d'autres peuples de la même origine, « destinés à entretenir dans un perpétuel exercice les guerriers romains (l). « Ils comptaient vingt-cinq villes sur les bords delà mer, aujourd'hui infestés par la malaria : Antium, célèbre sanctuaire de la Fortune et nid redoutable de pirates, Circeii , ïerracine, qui durent au commerce de grandes richesses, et qui florissaient par les beaux-arts ; près de Vellétri , on a découvert d'admirables bas-reliefs en terre cuite; Turianus de Frégelles exécuta à Rome la statue de Jupiter Capitolin et d'autres tra- > vaux ('2). Les Rutules avaient Ardée pour métropole.
En face d'eux était un autre groupe de peuples, les Sabelles, souvent confondus avec les peuples voisins, probablement d'une mèraie origine. Près d'Amiterne , située dans l'Abruzze, non loin d'Aquila, sur les plus hautes montagnes apennines, d'où le Fortore et la Pescara descendent, séjournait cette racetîère et belliqueuse; c'est d'un de leurs villages rustiques appelé Testrina, qu'une migration votive déjeunes gens, ou, comme ils disaient eux-mêmes, un printemps sacré {ver sacrum), se précipita sur les terres des Aborigènes , aux environs de Réate, et prit le nom de Sabins, de Sabas, dieu national ; ils s'avancèrent par les monts Lucrétile et Tétrico, et la vallée de l'Anio, jusqu'au Tibre, qui les séparait des Véïens, comme la Néra les séparait des Ombriens. Agriculteurs et guerriers, avec une aristocratie sacer-
(1) TiTK-Livfc',' VI, 21, Lorsqu'il raconte les guerres des Romains avec les Sabins , il emploie une pvotase toute poétique ;
Horace, li\. m, orl. 6, chantait :
. . rusticorum mascula militura Proies, Sahellis docta ligonibus Yersare glebas , et severœ Matris ad arbitrium recisos Portare fusles.
(2) PLIM2, Naf. hist, \xx, 12.
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dotale, ils occupaient, d'une mer à l'autre, et sur les deux côtes, un pays large de douze lieues et long de quarante. Cures (ville des Hastates), au continent du Corrèse et du Curbulano , était le lieu de leur assemblée nationale. Sancus, nommé aussi Fidius et Sémon , dut être un de leurs thesmophores, honoré plus tard comme un dieu; à ce fétiche ils substituèrent ensuite neuf grands dieux adorés àTrébula 1).
Croissant en population et poussés par le besoin d'activité, ils envoyèrent de fréquentes colonies dans la basse Italie et même dans la haute; une d'entre elles, guidée par le pivert, oiseau sacré parmi eux, prit le nom de Picéniens, et une autre celui de Prœtutiens ; ces deux tribus étaient considérables. Les Picéniens habitaient sur l'Adriatique, de l'OEsis jusqu'au Tronto, le territoire qu'on appelle aujourd'hui la marche d'Ancône,etles villes d'Ascoli, Fermo, PoUenza , Piicina, Macérata, Tréja, Tolentinum. Mêlés avec les Étrusques et les Illyriens, ils perdirent leurs habitudes belliqueuses. Les Prœtutiens demeuraient au midi du Tronto jusqu'à la rivière Matrino (Piombo) , aujourd'hui province de Téramo (Interamna) , renommée pour ses vins et ses blés. D'autres s'établirent dans le Latium; comme ils ont joué un rôle plus grandiose, nous en parlerons séparément. En somme , ces races sabelliques couvraient la plaine ; les autres , celles qui étaient restées sur les montagnes, s'appelaient Casques, Eques, Volsques,
Autour du Grau-Sasso d'Italia, sur les deux Abruzzes actuelles, au milieu d'une nature sauvage, de rochers et de cavernes, demeuraient les Vestins, les ÎNLirrucins, les Péligniens, les Marses, avec les redoutables cités de Pentri, Télésia, Alita, Ersénia, Bovianum; leur rendez-vous maritime était Aternum , aujourd'hui Pescara ; les Vestins faisaient le commerce du fromage , les Péligniens celui de la cire et du lin. Les Marses, les plus importants de tous, vivaient autour du lac Fucin ; vantés pour leur bravoure et leur patriotisme, on disait qu'on ne pouvait ni les vaincre, ni vaincre sans eux; ils avaient encore la réputation d'enchanteurs; Angitie, sœur de Circé, leur avait enseigné les vertus des herbes.
Malgré la parenté de langage , ces peuplades se diversifièrent tellement, qu'on distinguait le Samnite de l'Osque, comme le Picénien de l'Ombrien, le Sabin du Romain. Toutes ces races furent belli-
(1) Ak.noiu:, m, pag. 122.