i SABELLI. l'ICENTINS. SABINS. GAMPANIE
queuses ; le Romain Papirius Cursor, qui les vainquit, leur enleva plus de deux millions de livres de cuivre; Carvilius Maximus, son collègue , avec les armes enlevées aux Samnites , fit fondre une statue colossale de Jupiter qu'il plaça sur le Capitole, et qu'on apercevait du mont Albain. Leurs tombeaux sont encore remplis d'armes offensives. Strabon rapporte que les Samnites mettaient sur pied quatre- vingt mille fantassins et huit mille cavaliers ; lorsqu'on redoutait une invasion des Gaulois , ils offrirent aux Romains soixante-dix mille fantassins et sept mille cavaliers. Les Peucètes pouvaient armer cinquante mille piétons et dixsept mille cavaliers; les Messapes, trente mille piétons et trois mille cavaliers; lesMarses, les Marrucins, lesFrentani, les Vestins , vingt-quatre mille ; ce qui donnerait plus de deux cent mille combattants pour un pays qui forme à peine un tiers du royaume de Naples, c'est-à-dire un million et demi d'habitants sur treize cents lieues, et, par conséquent, onze cents individus par lieue. Mais pouvons-nous croire à la véracité des historiens , à l'exactitude de ceux qui les ont transcrits?
La Campanie s'étendait sur la mer, du Liris au Silare; baignée par le Vulturne, elle avait des champs très-fertiles, des villes délicieuses, et les fameux vignobles dont le cécuhe, le falerne, le caléno et le massico soutiennent la réputation. Les Pélasges y avaient fondé Larissa, que les Romains nommèrent ensuite Forum Po/)?7iMForlimpopoli), Les monts Tifates, près de Capoue, attiraient les dévots dans les temples de Diane et de Jupiter. Atella, non loin d'Aversa, donna son nom aux fables atellanes; on attribuait aux Pélasges la fondation de Nocéra. Autour du golfe dont la courbe est comprise entre Sorrente et Misène, étaient venus s'établir les Opiques, affaiblis d'abord par les OEnotriens, puis dépouillés par les Etrusques de la portion la plus fertile de leur pays. Une colonie de Picentins, race sabellique, dont la ville, plus tard, fut appelée Yicence, occupa la partie méridionale.
De l'Apennin central, derrière le cours du Vulturne et de rOtrante, descendirent les Samnites pour faire des conquêtes; après avoir égorgé les Etrusques engourdis par l'ivresse, ils leurs enlevèrent Vulturne, qu'ils appellèrent Capoue (l); devenus
(1) Heine ( Opjwc. ocaf/., toni. V, pag. 345 ) fait venir le nom de Capoue de capis, qui, eu étrusque, siguitie vautour, parce que les Étrusques y avaient vu l'augure d'un vautour. Vultur n'en serait que la traduction latine. L'histoire de Capoue est pleine d'incertitudes, quoi qu'ait fait, pour l'ëclaircir,