‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 40 sur 319 · SARDAIGNE. CORSE · texte numérisé non relu

SARDAIGNE. CORSE

de peaux et de leur masturga, portant la large et le poignard, les indigènes abritèrent dans les grottes des montagnes leur sauvage indépendance. Les Étrusques eux-mêmes séjournèrent dans la Sardaigue; enfin parurent les Romains, sous la domination desquels l'ile comptait quarante-deux villes, dont dix seulement existent encore. Le Sarde, avec une imagination vive, était robuste et gai, brave jusqu'à la témérité, ardent dans l'amour, implacable dans la haine. Nous avons déjà parlé des Nuraghes; ajoutons que c'est dans la Sardaigne qu'on a trouvé les premières pierres sardoniques , et que , selon Dioscoride , il y croissait une plante ( la berle), dont la racine, si l'on en mangeait, occasionnait la mort avec des convulsions faciales qui ressemblaient au rire ; de là est venu le rire sardonique.

La Corse, anciennement appelée Téramne, puis CoUista par les Phéniciens , Théra par les Spartiates ou Phocéens d'Asie, Cyrnos ou Cernenté par les Celtes , Corsis par les Grecs , et Corsica parles Romains, placée entre l'Italie, l'Espagne et la Gaule, . est un point important ; elle fut peut-être habitée par les Pélasges, qui y trouvèrent des Ligures et des Ibères (l). Les Etrusques la dominèrent et fondèrent Nicéa sur le Golo; puis, une colonie de Phocéens, dont les Perses avaient ruiné la patrie, y bâtit Aléria sur la côte orientale et presque en face de l'ile d'Elbe. Située à l'embouchure du Tevere et près de celle du Tavignano, la ville , avec un port naturel suffisant pour les navires d'alors, s'élevait au pied de montagnes boisées et au milieu d'une plaine fertile. Les Phocéens s'y fortifièrent si bien qu'ils purent tenir tète aux Étrusques et aux Carthaginois , les vaincre même, mais au prix de grands sacrifices, puisqu'ils perdirent quarante vaisseaux , et beaucoup d'hommes qui furent emmenés à Agylla en Toscane, puis égorgés. Quelque temps après, atteints de la peste, les Étrusques consultèrent l'oracle de Delphes, qui leur ordonna d'apaiser les mânes des Phocéens morts victimes de leur barbarie ; ils instituèrent des jeux solennels en leur honneur, et le fléau cessa. Mais les Phocéens, s'apercevant qu'ils ne ponde se livrer à l'agriculture. » Beckmann, dans l'édition de cet ouvrage, a démontré qu'une telle assertion ne s'apiuiic que sur une vague tradition, et ([u'elle est démentie par le témoignage des choses.

(1) Sénèque, qui y fut rélégué, dit que la population de la Corse est ibérique, niais que sa langue fut remplacée par celle des Ligures ( Consola tio ad Helviam, chap. 8). Cela ne signifie peut être que la parenté des Ligures et «les Ibères.

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