‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 43 sur 319 · THESMOPHORES. SOCIÉTÉ PATRIARCALE · texte numérisé non relu

THESMOPHORES. SOCIÉTÉ PATRIARCALE

Ces sages, sous le nom de dieux, introduisaient les religious, élevaient les peuples comme les missionnaires l'ont souvent pratiqué, c'est-à-dire en les traitant en enfants, sans leur assigner de propriétés distinctes , mais des travaux communs et des banquets communs d'une nourriture champêtre; ce qui, chez les nations postérieures, plus civilisées, mais plus malheureuses, fut réputé un âge d'or. Parmi ces thesmophores, il faut compter Ttalus, qui établit la communauté des biens dans la basse Italie, et enseigna l'agriculture, dont les produits se consommaient dans des repas fraternels qui n'avaient pas encore cessé du temps d'Aristote (l). Par leurs soins , on établit des asiles contre la persécution des hommes violents, asiles qui furent placés sous la tutelle des dieux ou d'un chef de tribu. Ces chefs deviennent patrons , les réfugiés restent clients, et tous ensemble subjuguent les ennemis, et les réduisent en servitude.

L'Italie conserva, jusque dans les temps les plus civilisés, quelques vestiges de sa vie nomade primitive (2); les dieux bucoliques, les fêtes et les divisions de l'année relatives à l'existence pastorale et à l'agriculture, et le culte du dieu Terme, étaient des souvenirs des antiques habitudes du berger et du campagnard. Les Romains plaçaient le modius , mesure des grains, sur la tête de Jupiter et des grandes divinités ; ils appelèrent l'écriture arare elsulcare. Les habitudes champêtres, inspirées par la nature du sol italien , modifièrent la civilisation de tribu; passage personnifié dans le mythe de Cérès , la première divinité , disait-on , qui avait enseigné en Sicile à cultiver le blé ; on lui attribuait aussi l'invention des lois; caries peuples, aus-

symbole de la race pélasgiquo , et ressemble beaucoup an Brahuui imiien, i(iii , lui aussi, avait quatre faces , comme on représentait Janus à Phalère, tandis qu't» Rome, il n'en conserva que deux.

Ou a dit que le Lathnn (ut ainsi appelé, parce que Saturne s'y cacha, lahiit :

" Is genus indocile , ac dispersum montil^us altis « Composuil, li'gesque dédit, Latiumque vocari " Maluit, lus quoniamlaluisset lutus in cris. »

(ViRciLE, En., viu, 321.)

En phénicien, saiurn signitie latens ( Pococke, Spécimen hisloriœ Arabum, pag. 120). Les vers saturnins, les tètes saturnales montrent, et l'antiquité de ce civilisateur, et la grossièreté de sou temps. Tôt sxculis safurnalia pr.rcedunt romanas urbls setatem, dit Macrobe, Saturn., i.

(1) Polit., liv. vu, ch. 9.

(2) DoRN Seifzen, Vestigia vilx nomadicx , tam in morilms qaam in legibus romanis conspicua ,m\Q(M, 1819.

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