RELIGIONS
Mais si la diversité des cultes italiques témoigne de l'origine multiple de la population, on trouve que, du fond des traditions primitives, tous surent tirer des idées sublimes de la divinité. Dans les Verssaliens, Janus était appelé deoruni deus (l), et lui seul, parmi les divinités antiques, n'est souillé par aucune faute. Mais, réservant les dogmes les plus purs aux initiés, ou enseignait au peuple le culte matériel de la nature, qui dérivait, comme nous l'avons dit, de la dualité supposée des principes; ainsi , on adorait Ops et Saturne, déesse et dieu de la terre, le Tibre, le Numicius, le Vulturne; et les divinités se multiplièrent au point que, dans le culte national des Génies, chaque fontaine, chaque maison, chaque ville avait sa divinité (2). Anna Pereuna, la mère nourricière , était représentée par la lune, qui préside à l'année, et était adorée sous le nom du fleuve Némi, avec des fêtes toutes joyeuses et des chansons obscènes. Rome conquérante , en souvenir de son origine champêtre, continua de fêter, dans les fériés Latines et les Lupercales, Paies, déesse des bergers. Fauna ou Fatua, la bonne déesse de la pudeur, était célébrée par les femmes seules et dans les ténèbres. Les INones-Caprotines se célébraient sous des figuiers sauvages ; contre les maléfices on invoquait Cardina, et Furina contre la foudre ; Carmenta, avec les deux sœurs Antevorta et Postvorta, présidait aux accouchements ; Tacita était mère des Lares; Fortunata, Mania, Larunda et d'autres divinités rappellent ces vieilles traditions. Tout travail des champs était placé sous la protection d'une divinité particu-
(i) }>l\CROw., Saliirn., i\ : Salionim quoquc antiquissïmis carminibus deorumdeus canitxir. Valerils Soranus, dans Varron, cliante :
« Jupiter omnipotens, rerum, regumque deùmque « Progenilor, genitrixque deùm , deus unus cl oinnis.
Et Cicéron dans les Tusculaues : <i Les anciens, qu'linnius appelle Casques, savaient tous que le sentiment durait après la mort, et qu'en sortant do la vie , riionnne ne se décomposait pas au point de périr entit'renient. C'est ce qu'on peut recueillir du droit pontifical et des cérémonies funéraires aussi bien que de beaucoup d'autres clioses. » Dans les noms de trois lettres connue Ops et Bea des Latins, Dio, des Grecs, Tin des Étrustjues, on [)eut voir un symbole incompris de l'unilé et de la trinité.
(2) PncDENCE , poète des premiers temps du christianisme, d('plorait cette profusion de f^énies :
« Qunmquara , cur geiiium Romœ milii fmgilisununi, «Cura portis, doini))us, tliemiis, stabulis solealis « Assignare suosgenios, perque omnia niembra n Uibis, perque locos gcnioruin uiillia inull;i » ringere, ne propria vacct angulus uHus ai) und)ra?