MŒURS
d'unité nationale, étiangère d'ailleurs aux populations antiques, trouvait un obstacle dans les jalousies réciproques. Il est difficile de déterminer ce qu'on entendait par peuple, et dans quelle mesure il participait aux affaires publiques. Partout nous trouvons la puissance aristocratique tempérée par la souveraineté populaire. Les rites religieux, lescharges publiques, l'interprétation des lois, la science divine et humaine, étaient le privilège d'un sénat composé des pères de la race conquérante. La commune des nobles formait la curie (1). Les anciens Latins, Èques, Sabins, avaient des empereurs et des dictateurs , soumis cependant à la souveraineté nationale; pendant la guerre, les Lucaniens élisaient un empereur, qui réunissait le pouvoir civil au commandement jnilitaire; tel était le meddix toticus des Osques, des Volsques et des Carapaniens.
Les Marses étaient renommés pour leur courage et leur frugalité; les Sabelli, pour leur inculte honnêteté, et leurs femmes, comme celles des Apuliens et des Samnites, pour leur sagesse et leur sobriété; les Sabins pieux et justes faisaient contraste avec les brigands Lucaniens , de même que les Péligniens et les Samnites belliqueux, qui voulaient mourir libres, différaient des mous et timides Picentins. Ces derniers, de robuste éducation (i>) , liers de leurs belles armures, sobres dans leurs maisons, tisseurs de laine, nourrisseurs de troupeaux et de poulains, se mariaient trèsjeunes; dans un jour solennel, on désignait les douze jeunes gens les plus sages et les plus braves, et on leur donnait le droit de choisir des épouses (3) ; si , après le mariage , ils se rendaient indignes de leurs femmes, on les en séparait. Les Ombriens pratiquaient \cs,\ ordalies, qui ressemblaient aux jugements de Dieu de notre moyen âge (4), dans lesquels on faisait immédiatement appel à la divinité , pour qu'elle attestât , par un miracle , la vérité mise en discussion ou Tinnocence calomniée. L'atrium (dont le nom,
(1) En osquc , la commune s'appelait viria , d'où le latin curia (co-viria) et decuria, centurïa.
{•!) Horace, m, od., (5.
(3) Peut-on trouver une plus noble insdtullonP s'écrie Montesquieu, Esprit des lois, vr, 17. Et, cependant , dans cette coutume, la femme est réduite à l'infinie dégradation (i'ètre choisie sans choisir ni |)Ouvoir refuser.
(■i) '0[/.êpt7.oi oTav Ttpô; àÀX^)>oy; v/Maiv à\).'^ia(^riTr\a:v, xaxoTtÀiaOÉvTs; wc èv 7to>i|j.(|) [J.âxovtai, xat Soy.oOai otxaiôtspa Xe^eiv o't toùç èvavTtou; âKOaça^avte;. Les Ombriens, lorsqu'ils ont un litige entre eux, coml)attent armés comme en guerre, et pensent que celui qui tue Vautre a raison. INicolas Damascène, dans Stobée, Serm. \iu.