‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 51 sur 319 · PLANTES · texte numérisé non relu

PLANTES

en France; et quiconque connaît la Polésine, le Ravepnanoet la Fouille , comprendra pourquoi les anciens mariaient la vigne avec l'orme et les peupliers, et comment il était possible de faire des tables et des portes avec des ceps de vigne sciés.

On savait tordre la queue des grappes déjà mûres, quelques jours avant de les cueillir, comme on le pratique pour le Tokai; on épamprait; quelquefois on égrenait les raisins, puis on les foulait, on les pressait , et l'on faisait couler le suc dans une citerne de briques crépie. Le vin pressé était de seconde qualité. Le meilleur se recueillait dans de grands vases; puis , on le laissait sous l'eau pendant un mois ou davantage, présumant ainsi lui enlever sa tendance à fermenter ; on croyait, en le submergeant dans la mer, qu'il acquérait le parfum du vin vieux. D'autres fois, dans l'été suivant, on l'exposait quarante jours à l'ardeur du soleil ; enfin , on découvrit que l'eau de mer, réduite à un tiers par l'ébullition, et mêlée au vin, le mûrissait. Par l'ébullition aussi, on réduisait le vin trop acqueux, et, quelquefois, on faisait du vin cuit. Tous ces procédés ne sont pas encore oubliés.

Pourcouper les vins, opération qui exige du soin, on mélangeait les diverses qualités; puis, on y ajoutait de la poix, de la térébenthine, des fleurs de vigne, des graines de myrte, des feuilles de pin , des amandes amères, du cardamome et d'autres herbes odorantes. Ou en corrigeait l'acidité avec delà craie, du lait, des coquilles brisées, du plâtre, des glands torréfiés, des pommes de pin, ou bien en y plongeant un fer rouge. On employait aussi le soufre ; mais il ne parait pas qu'on le brûlât pour soufrer comme on fait aujourd'hui, ni qu'on sût le clarifier avec l'albumine, quoique Horace dise que, pour cet usage, on se servait de l'œuf de pigeon.

Le professeur Ténore et le Danois Schouvv ont recherché quelles étaient les plantes connues de l'antique Pompéï, et, pour ce travail , se sont appuyés sur les débris qu'on en découvre, et sur les peintures. Celles-ci représentent parfois des sujets égyptiens ou bien sont entièrement fantastiques , comme celle où un laurier jaillit du tronc d'un dattier; mais les arbres les plus ordinaires, lorsqu'il parait qu'on a voulu copier le vrai, sont le pin et le cyprès, le pin d'Alep, le laurier-rose, le lierre; on a même trouvé des pignons carbonisés, mais non les deux végétaux aujourd'hui caractéristiques de ces contrées , l'agave américain et le figuier opuntia, introduits seulement après la découverte (le l'Amérique. On ne saurait affirmer si l'on cultivait le dattier,

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