‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 53 sur 319 · ANIMAUX. ÉCONOMIE. COMMERCE · texte numérisé non relu

ANIMAUX. ÉCONOMIE. COMMERCE

citent quelques proverbes, qui devaient avoir cours avant que la culture fût abandonnée aux mains des esclaves. — Mauvais as;riculteur (disaient-ils) celui qui achète ce que sa terre peut lui donner. Mauvais chef de maison celui qui fait de jour ce qu'il peut faire de nuit, excepté en cas d'intempérie; pire celui qui fait dans les jours de travail ce qu'il pourrait faire les jours de fêtes; et bien pire encore celui qui, dans les beaux jours, travaille sous le toit plutôt qu'à découvert (l). Le champ doit être plus faible que le cultivateur, pour que, dans la lutte, celui-ci l'emporte sur celui-là. Semence prématurée trompe souvent; semence tardive jamais, pourvu qu'elle ne soit pas mauvaise (2). Ne pas labourer une terre boueuse ; ne pas frauder la semence (3). On priait les dieux de faire prospérer les blés pour soi et les voisins, et les censeurs punissaient celui qui labourait plus qu'il ne bêchait (4). Plus tard, ou considéra les prairies comme la propriété la plus productive. On demandait à Caton quel était le premier moyen de s'enrichir par l'agriculture ; il répondit : — « Beaucoup de pâturages ; » — Et le second? — « Les pâturages médiocres ; » — Et le troisième? — « Les pâturages quoique mauvais (ô).» Lui-même disait que « bien cultiver, c'est bien labourer. » Sans le fractionnement de la propriété et la culture assidue des terrains, il eût été impossible d'alimenter une si nombreuse population agglomérée sur un territoire de médiocre étendue (6).

L'extraction des marbres et des métaux occupait beaucoup de bras ; plus tard, le sénat romain défendit d'employer plus de 4,000 hommes dans les mines du Vercellais (7).

Les peuples nouveaux venus, qui savaient l'Italie très-propre au trafiC;, s'établissaient de préférence auprès des côtes. En effet, dans la partie supérieure qui entretenait des relations commerciales avec l'illyrie, Adria était un marché célèbre; à Gênes, les Ligures échangeaient le bois, la résine, la cire , le miel et les peaux contre le blé , l'huile , le vin , les comestibles (8) , et ils

(1) pLiNt;, Nat. hist., xviii, (î.

(2) COLIMRLLE, I, 3; XI, 2.

(.i) Caton, v, 34. Pline, xviii, 1\.

(4) Pl.INK, XVIII , 1.3, 7.

(.)) COLL>IELLE, M piéf.; PlINE , XVIII , 5.

(6) Une inscription onibrieniio ijarle d'un gardien des \ ivres. ( Janolli IVterum Oscorum Inscript., 1841.)

(7) TlTE-LlVE, XXXIII, 4.

(8) Strxbon, IV et v.

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