TENTATIVE D'EXPLICATION
tranquillité. Les deux peuples contractèrent des mariages réciproques (l); ils formèrent un seul sénat avec cent pères pour chacun , une seule assemblée législative avec un seul roi, choisi peut-être alternativement d'un coté et de l'autre, d'où l'on dit popuhis romanus quirites, et, plus tard, popidus romanus quiritium (2).
C'est parmi les Sabins que l'on choisit le nouveau roi Numa, qui manifeste si bien le caractère sacerdotal de l'Étrurie, à laquelle, peut-être, on emprunta des coutumes et des rites pour dégrossir les guerriers de Romulus-Quirinus. L'érudition, à mesure qu'elle éclaire les origines romaines , y découvre un plus grand nombre d'éléments qu'il faut attribuer à l'Étrurie; c'est pourquoi l'on a dit que, sous le règne de Numa, on avait introduit les cérémonies et les lettres , l'année de douze mois , et consacré civilement la propriété par le culte du dieu Terme, c'est-à-dire du Jupiter Lapis. Le peuple est divisé en corporations d'arts et de métiers (3) ; on commence à tenir registre des annales , selon l'habitude de toutes les villes étrusques, et la fière cité des Romains-Sabins prend un aspect religieux , fondant tout droit'sur les dieux , et croyant que toute chose est faite par les dieux et pour les dieux. Les cérémonies du culte, entées sur celles del'État; la législation religieuse amalgamée avec la législation civile et politique , dont elle règle, les droits par des formules indispensables, qui sont le privilège d'une aristocratie sacerdotale, indiquent une civilisation tout étrusque. Aux dieux Lares , la maison ; aux dieux Mânes , les tombes. Le mariage était dieu génie; le roi était sacré; la guerre, sacrée;le droit, sacré; le fils impie, sacré, c'est-à-dire exécré des dieux, de même que celui quimettaitle feu aux blés l'était de Cérès: « Saceresfo », comme s'expriment les Douze Tables. Les actions juridiques sont solennelles ; la contestation civile est sacrement , et suppli-
(1) Romulus épouse Hersilie. Denvs (liv. ii, c. 12) dit que ïatius érigea, à Rome, des temples à des divinités dont il n'est pas facile d'exprimer les noms en grec. Cela prouverait imc origine différente de celle des Hellènes. Les premières villes latines, connue Albe-la-Longue, Lanuviuni, etc., et les familles les plus anciennes, celles des Julius, des Servilius, desMétellus,dcsCuriatius, des Quintilhis, <les Cla-lius, etc., n'ont pas une étymologie grecque.
Ip) Le célèbre monogrammes. P. Q. R., au lieu de senntus poptilusque romanus, traduction habituelle, est ainsi interprété par^Niebulu- : soKiliis, popiilus, Quiriles HomauL
(3) Etcependant l'exercice des arts mécaniques était expressément défendu ( Denys, i\), et tous, sauf le petit nombre de ceux qui regardaient la guerre, étaient confiés aux esclaves.