NUMA. RITES
cium, c'est-à-dire expiation, la peine corporelle. Aux dieux seuls appartient l'initiative des affaires humaines, exercée par la classe sacrée des patriciens , qui seuls ont le droit de prendre les auspices, sans lesquels les propriétés, les mariages, les décisions, resteraient privés de sanction et de légitimité. Les magistratures, même la suprême, sont des sacerdoces; Numa se fait inaugurer sur une pierre mystérieuse (1) ; c'est aux magistrats qu'il est réservé de consulter le ciel. Le pomœrium , c'est-à-dire un espace circulaire de cent soixante pieds en dedans et au dehors des murailles, premier asile du peuple , est sacré et orienté sur le ciel; l'enceinte de la ville est sacrée, et c'est un crime de la franchir. Le foyer domestique est sacré , et la famille constituée sur le culte des aïeux et le dogme de la solidarité. Le père est une espèce de dieu humanisé; l'acte par lequel il donne la vie, ressemble à une création ; par ses propres actions et celles de ses enfants, il peut devenir Lare. L'hérédité impose l'obligation des sacrifices expiatoires , qui , chaque année , sont faits par les descendants mâles; et telle est la rigueur de ce devoir, que, si un débiteur meurt insolvable et ne laisse qu'un esclave , on l'affranchit pour que les suffrages ne soient pas interrompus. La classe sacerdotale parvient à désarmer le peuple , si bien que personne ne parait en armes dans la ville , et les conquérants du monde sont la gens togata.
Beaucoup de ressemi)lances , et surtout la vénération pour le bœuf et les sacrifices pour les ancêtres après leur mort, ont fait supposer que la religion romaine venait de l'Inde (2). D'autres
(1) « Numa, comme Romultis, acquit le sceptre en distiibuant la ville avec l'augure ;, il commanda aussi qu'autour de lui on consultât les dieux. C'est pourquoi l'augure , qui , depuis , comme honneur, eut le droit d'exercer à perpétuité ce sacerdoce, ayant conduit Numa au Capitole, celui-ci s'assit sur une pierre tournée au midi ; l'augure s'assit à gauche , la tète voilée , tenant dans la main droite nn bâton recourbé, sans nœuds, qui fut appelé litmis; puis, après avoir déterminé certains points dans la ville et la campagne, et invoqué les dieux, il indiqua les régions de l'Orient à l'Occident, et signala connue [iropices les plages vers le midi , comme funestes celles du nord. 11 désigna un point fixe droit devant lui, aussi loin que la vue pouvait atteindre. Alors, passant le lituus dans la main gauclie.et posant la droite siu' la tOfede>'uma, il pria ainsi : l'ère Jupiter, si c'est fa volonté </ue Nmaa, dont je tiens la tête, soit roi de Rome, manifeste-nous-en les signes entre les confins que j'ai déterminés. Cela fait, il spécifia avec des paroles quels auspices il \oulait qu'on lui envoyât ; les ayant obtenus, >'uma, déclaré roi , descendit du temple. » (Titk-Livf., liv. i.)
(2} C'est l'opinion de Schlegel. Pline et Valère Maxime racontent (pi'un