EXTENSION LE LA PLÈBE, CENS
Octavius. La lutte n'était donc pas hors de proportions ; la raison pouvait lutter avec le droit. Sans le patrleiat, Rome aurait perdu l'originalité; sans la plèbe, elle n'aurait pas conquis le monde.
Le territoire de Rome s'étendait à peine à huit kilomètres au delà de la cité, entre Crustumérie et Ostie; aussi les consuls, lorsqu'ilschassèrent les Latins, leur'iimposèrent-ils l'obligation de ne pas se rapprocher de Rome à plus de cinq milles ; et, jusqu'au temps de Strabon , on montrait à celte distance un lieu appelé Festi, ancienne limite du territoire. Il s'agrandit par la suite; mais, pendant longtemps , il ne dépassa point Tibur (Tivoli) , Gabies, Lanuvium, Tusculum, Ardée, Ostie du côté des Latins , Fidènes et Collatie du coté des Sabins. Sur cet espace, les Romains , disposés militairement, ressemblent à un camp plutôt qu'à un peuple. Le premier dénombrement , sous Romulus , donnait trois mille hommes et trois cents chevaliers; le second, à la lin de son règne, quarante-six mille hommes et environ raille chevaliers. Quand le nombre des citoyens était la base des suffrages , il importait de connaître l'état civil. Dans le principe, sous Servius, dit-on, il fut établi qu'à chaque naissance on déposerait une pièce de monnaie dans le temple de Junon Lucina , une à chaque mort dans celui de Libitina, une dans celui de la déesse .Tuventa pour tout jeune homme qui prendrait la robe virile. A l'époque des consuls , six cent mille habitants , outre les esclaves, demeuraient sur ce petit territoire (l), et chacun d'eux
(1) Denvs, IV, 1. Cicéron (De Legibus , m, 3) dit qu'on tenait des registres où l'on inscrivait le nombre précis des citoyens , de leurs enfants , des esclaves', des troupeaux, l'énumération des biens et l'âge des personnes. Quant au nombre des habitants, je le déduis des 130,000 hommes capables de prendre les armes qui figurent dans le cens de Publicola de 245. Que Tadnussion des étrangers se soit ralentie au commencement du gouveinemcnt consulaire, c'est ce que prouve le cens de 279, qui donne seulement 130,000 citoyens imbèrcs, et le triple de femmes, d'enfants, d'esclaves, de marchands étrangers , d'ouvriers; « car à Rome il n'est pas permis de vivre du trafic et du travail manuel, » ditDenys , i\, 383.
Voici le recensement de la population romaine dans divers temps :
Années. Familles. Ciloycns.
185 Sons Servius Tullius 84,000 420,000
245 A réfablis-sement de la république 130,000 050,000
261 Apié^ l'institution des tribuns 1 10,000 550,000
279 Ap'és les troubles de la loi a5raire 103,000 515,000
288 DurantlagiierreaveclesÈqi esetlesVolsques. 121,215 021,000
294 Sous la dictature de Cincinnatus 132,409 002,000