RETRAITE SUR LE MONT SACRÉ. TRIBUNS
Sans aucune marque distinctive , sans même compter au nombre des magistrats , les tribuns , dès le principe , ne jouissaient d'aucun droit , si ce n'est d'assister au sénat , quoique relégués dans le vestibule; en un mot, ils n'avaient aucune participation au gouvernement. Mais ils représentaient le peuple dont ils protégeaient les franchises ; mais leurs personnes étaient sacrées , si bien que l'on confisquait pour le temple de Cérès les biens de quiconque les offensait ; mais ils pouvaient opposer leur veto aux décisions du sénat. Au moyen de cette liberté négative, sublime invention du sens pratique et de l'éminent instinct politique des Romains, ils s'élevèrent peu à peu à une grande puissance, avec laquelle ils aidèrent plus à la liberté que les élégantes législations de la Grèce, et créèrent le vrai peuple en restituant au plébéien la dignité d'homme, La présence d'un magistrat qui ne dépendait pas des consuls , et dans lequel trouvaient appui les magistrats et les citoyens qui ne voulaient pas leur obéir, diminua grandement le pouvoir consulaire ( dit Cicéron ).
La liberté véritable n'est possible que lorsqu'elle peut être disciplinée ; et celle de Rome prend racine précisément parce que sa résistance est régulière et légitime. L'importance de ces pactes fut aussitôt appréciée des citoyens , qui les légalisèrent par des cérémonies solennelles; ces lois furent dites sacrées, et le mont, sur lequel on éleva unautelàJupitertonnant, devint lemont sacré.
Les patriciens sacerdotaux avaient pu distraire la plèbe et la rendre docile en lui imposant des constructions publiques ; les patriciens guerriers essayèrent d'en faire autant en la poussant sur les champs de bataille. De là des guerres interminables, du milieu desquelles, de temps en temps, les plébéiens élevaient la voix pour réclamer Vager ; et, par ce mot, les pauvres entendaient le pain , les riches les droits , qui , nous l'avons déjà dit , étaient attachés au territoire auspicatus, situé autour de Rome. Le sénat offrait des terres lointaines enlevées aux vaincus, et qui, se trouvant hors de la ligne sacrée , ne donnaient aucune participation aux auspices ni le plein droit de cité. Les pauvres allaient donc former des colonies, qui s'étendirent et protégèrent la puissance romaine. Lorsqu'il s'agissait d'envoyer une colonie, le peuple, rassemblé, choisissait les familles, auxquelles on attribuait des parcelles du territoire conquis; puis, trois triumvirs
Bnihis, c'cstà-Jire l'esclave rebelle de la révolufion contre les Tarqiiins; et un Biiitus figurera flans l'autre tentative de révolution contre l'empire au déhut.