PYTHAGORE
plus disparates et les aventures les plus eoutradietoires. Il n'est pas un pays au monde où il n'ait voyagé; il démontra le théorème du carré de l'hypoténuse; il donna la première théorie des isopérimètres des corps réguliers, les éléments des mathématiques, l'algorithme dont on ignore encore le sens; il trouva le rapport entre la longueur de la corde harmonique et les sons qu'elle produit; il enseigna que l'eau se convertit en vapeur, et que la vapeur redevient eau ; il soutint l'opacité de la lune, l'identité de l'étoile du matin avec celle du soir, la sphéricité du soleil. Par l'harmonie des corps célestes, il entendait prohablement les rapports de leurs masses et de leurs distances. Il indiqua le véritable système du monde, c'est-à-dire l'obliquité del'écliptiqueet la rotation de la terre, avec une égale distribution de lumière, d'ombre, de chaleur sur l'entière surface , ce qui la rend habitable ; il sut que deux forces opposées en agissant sur les corps célestes leur font décrire une orbite. Par cette connaissance , il devança de vingt-deux siècles l'attraction newtonienne, qu'Herschel considère comme la vérité la plus universelle à laquelle soit parvenue la raison humaine (1).
Le manque absolu de documents et la perte de la clef du langage mathématique et des symboles sous lesquels les pythagoriciens voilaient leur doctrine rendent difficilede reconnaître ce qu'il y a de vrai dans ce qu'on nous raconte de cet enseignement. Il parait que Pythagore naquit à Samos d'Italieen 584, qu'il voyagea dans l'Asie, dans l'Egypte, dans l'Jnde peut-être, et qu'il ouvrit a Crotone une école, dont le but était de perfectionner les sw. sentiments religieux, moraux, politiques; il se montre donc à nous sous le triple aspect de philosophe, de fondateur d'une société, de législateur. Comme philosophe , il tient le milieu entre l'Orient et l'Occident; il n'abolit pas les mythes dans lesquels le premier enveloppait les doctrines, mais il accepte la réalité et le raisonnement du second ; il fait sortir la science du sanctuaire
(t) Voir le Timéede Platon, et Plntarque.
Sur Pythagore et sur le gouvernement des Pythagoriciens, comparer Hf.ynf, , Opusc. rt'Cflr/., tome II ; Mf.incrs, Gescfi. (1er Wissencha/t in Gr. und, etc., I, 'lOl, 4r.'», 'i69; Muelleu, Dorici, ii, p. 178; Welbkek, Proleg. ad TJieogn., p. XLll; mais surtout Krische, Desociefatis a Pythayora in vrbe Crotone conditse scopo polit ico ; Gœttingue, 1830, Terpstre, de sndnlifii pylhngorni origine, condidone, conxilio; Utrncht, 1H24; Cramer, De Pgthaqnrn . qnnmndo rducareril et inatitxerit ; Stralsiiml , 1833.