HIÉRON, THRASYBULE
lui comme le favori du peuple ; mais Simonide s'interposa pour les réconcilier, et consolida la paix par des mariages. Hiéron envoya sa flotte au secours de Cumes, et remporta une victoire' navale sur les Étrusques. Il transféra les habitants de Catane à Léontium, et les remplaça par de nouveaux colons, afin d'obtenir le titre de héros , dont les fondateurs de villes étaient honorés, et de se préparer un asile en cas de revers.
Tl meurt, et son frère Thrasybule lui succède; mais les Syra- io". cusains, révoltés de ses cruautés, s'entendent avec d'autres villes, le chassent, et , en mémoire de leur délivrance , instituent une fête annuelle à Jupiter Libérateur, avec un sacrifice de quatre cent cinquante taureaux, qui servaient pour le repas public. Syracuse wa. alors rétablit le gouvernement démocratique. Les autres cités grecques de la Sicile, entraînées par son exemple, chassèrent les hommes nouveaux, pour restituer aux anciens propriétaires les biens qu'on leur avait enlevés et le privilège des magistratures. Ce rétablissement de la forme républicaine souleva de graves tempêtes; mais la guerre civile se termina par l'expulsion des nouveaux venus, auxquels on assigna pour demeure Zanclé, qui avait pris son nom de Messine des colons messéniens qui s'y étaient fixés. Les bannis, la plupart d'origine italienne, formèrent le noyau d'une association belliqueuse qui , plus tard , sous le nom de Mamertins, ouvrit l'île aux Romains, c'est-à-dire à la servitude.
Les anciens Sicules, qui n'avaient pas encore tous péri, osèrent lever la tête ; associant toutes les villes, à l'exception d'Hybla, ils entreprirent , sous la conduite de Ducétius , d'expulser les Grecs. Heureux d'abord, ils éprouvèrent ensuite des revers; Ducétius se réfugia au pied des autels des Syracusains, qui l'envoyèrent à Corinthe, et l'antique race des Sicules resta subjuguée pour toujours, Néanmoins, en prenant parti dans les guerres continuelles, la Sicile faisait prévaloir ceux qu'elle favorisait.
Syracuse affermit son pouvoir par cette victoire et par une autre ^^c qu'elle remporta sur Agrigente, sa rivale. Après avoir aussi triomphé sur mer des Etrusques, elle fit régner une paix générale, à l'ombre de laquelle elleflorissait. Miseà la tête des cités grecques de Sicile, elle croissait en opulence etse remplissait d'ese/ares, de troupeaux et de toutes les commodités de la vie ( l ). La crainte de la tyrannie lui fit instituer [epéfalisine, sorte d'ostracisme consistant à écrire sur une feuille de figuier le nom du citoyen qui paraissait assez
(1) DionoRE, \i, ~'}..