‹ Histoire des Italiens (volume 3)Chapitre 96 sur 319 · DENYS 11. DION · texte numérisé non relu

DENYS 11. DION

la vertu impose même à ceux qui l'abliorrent. Ou laconte que Dion avait conseillé au vieux tyran de laisser la couronne au fils de sa sœur Aristoraaque, à l'exclusion du misérable Denys, qui, pour ce motif, accéléra la mort de son père, et conçut une haine implacable contre Dion. Ni celui-ci ni Platon , revenu en Sicile, n'eurent le pouvoir de refréner les habitudes perverses du Jeune prince. Ne voyant dans leurs conseils que le résultat d'un complot pour favoriser les fils d'Aristomaque, il exila Dion en Italie, emprisonna Platon , tout en le traitant convenablement, et dispersa les pythagoriciens leurs amis.

Dion , avec l'appui de Corinthe , occupa Syracuse , renversa Denys et s'empara du pouvoir. Pour annoncer la délivrance du pays, il monta sur une horloge solaire, ce qui fit dire au peuple : « Comme le soleil est mobile, sa domination ne durera point (l).» Eu effet, deux ans après, l'Athénien Callipe, qui avait feint d'être son ami, le tua et usurpa l'autorité ; mais, l'année suivante , il fut renversé par Hipparin, fils d'Aristomaque, qui domina jusqu'en 350, laissantune mémoire souillée de crimes. Au milieu des factions incessantes, Denys parvint à se faire un parti, et remonta sur le trône après dix ans d'exil. La crainte de retrouver dans le fils de Dion les vertus du père , le poussa à corrompre ce jeune homme, qui, honteux de ses propres débauches , se donna la mort. Pour empêcher les Syracusains de sortir la nuit , Denys permit aux malfaiteurs de dépouiller ceux qu'ils rencontreraient; il accorda aux femmes une véritable domination , afin qu'elles

(I) La constitution qu'il voulait établir d'après les idées de Platon, com- (loitait un roi qui veillerait, comme un grand prêtre, sur la religion et la splendeur de l'État. Ce caractère sacré excluait le droit de mort et d'exil ; aussi cette peine ne pouvait être prononcée que par trente-cinq gardiens de la loi, qui, pour délibérer sur la vie des citoyens, devaient s'adjoindre les plus justes des magistrats et les derniers sortis de charge. Les trente-cinq, avec le sénat et le peuple, décidaient de la paix et de la guerre. Voilà ce que rapporte la huitième des lettres de Platon , lettres apocryphes, sans doute, mais certainement rapprocliées de son temps, et qu'avait écrites une personne bien informée. C'est à Denys que Platon a dû l'aire allusion dans les Lois, lorsqu'il dit que « pour établir une nouvelle forme de gouvernement , personne « ne convient mieux qu'un tyran jeune, de saine mémoire, avide de savoir, « courageux, animé de nobles sentiments, et près duquel la bonne fortune « place un homme instruit dans la science des lois. Heureuse la république <\ gouvernée par un prince absolu , conseillé par un bon législateur ! »

Arnold a écrit Tliistoire de Syracuse jusqu'à Denys. On la trouve aussi dans la quatrième partie de l'Histoire grecque de Mitford , où Denys l'"' est absous des imputations exagérées des historiens originaux.

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