DENYS II. TIM0LÉO
révélassent les complots de leurs maris. Il trouvait des adulateurs, et l'on cite d'eux cette bassesse : comme il avait la vue courte, ils affectaient de se heurter contre les meubles. Les cours offrent encore des exemples semblables.
Quelques hommes généreux , qui s'étaient soustraits à sa tyrannie, allèrent fonder Ancône ; d'autres conspiraient pour affranchir la patrie et la sauver des menaces des Carthaginois. Dans ce but, ils demandèrent secours à Corinthe, leur métropole, qui leur envoya Timoléon, le grand capitaine et le grand citoyen. Timophane , son frère , devenu le chef de l'armée à Corinthe, avait '^^- usurpé l'autorité suprême; Timoléon ayant essayé, mais en vain, de le ramener dans la bonne voie, le fit tuer par deux de ses amis. Magnanime selon les uns , assassin selon les autres , sa mère le maudit, et il résolut de se laisser mourir de faim ; mais, détourné de ce projet funeste, il jura de ne jamais s'immiscer dans les affaires publiques, et s'en alla pleurer dans la solitude. Apres douze ans il revint à Corinthe, où il vivait retiré lorsqu'on lui proposa d'aller défendre les Syracusaius, ce qu'il accepta en disant : « Ma conduite montrera si je dois être appelé le fratricide ou le destructeur du tyran. » Avec sept cents hommes seulement, montés sur vingt vaisseaux, il aborde à Syracuse. ''^"'' Icétas, tyran de Léoutium, après avoir vaincu et enfermé Denys dans l'ile d'Ortygie, avait usurpé l'autorité; il tente vainement de gagner Timoléon, qui, soutenu par de nouveaux partisans, le bat, le condamne à mort, et démolit Ortygie, repaire de bri~ gafids. Denys fut obligé de s'enfuir à Corinthe, où il se fit maître d'école.
Timoléon marcha contre les Carthaginois; leur général Magon, saisi d'une terreur panique , prit la fuite et se donna la mort, sans doute pour échapper au supplice de la croix , qui attendait à Carthage le général vaincu. Poursuivant le cours de ses prospérités, Timoléon délivre Engyum et ApoUonie de la tyrannie de Leptine , défait Mamerque et Hippon, tyrans de Catane et de Messine, rétablit la liberté dans Syracuse, et forme des villes affranchies une confédération gouvernée par les lois de Dioclès. La paix se consohde par une victoire sur les Carthaginois, que commandaient Amilear et Asdrubal; Timoléon leur enjoint de 540. reconnaître l'indépendance de toutes les cités de la Sicile, qui renouvellent dans la paix leur population et leur prospérité.
Ce modèle achevé du héros républicain dans l'antiquité fit juger les statues des rois précédents ; celle de Gélon , représenté sou$