‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 103 sur 365 · CAPITULAIRES · texte numérisé non relu

CAPITULAIRES

Pour la défense nationale , on faisait la levée en masse de tous les hommes libres ou ahrimans; pour les expéditions particulières, les comtes emmenaient les jeunes gens clioisis parmi leurs vassaux, et chaque abriman devait se pourvoir à ses frais d'habits, d'armes , de vivres même , tant qu'il n'avait pas dépassé les frontières du royaume. Afin de prévenir les vexations à ce sujet, Charles détermina le service d'après l'étendue des possessions. Ainsi l'ahriman qui avait trois ou quatre manses (l) devait servir personnellement; ceux qui en avaient moins étaient obligés de s'unir entre eux pour fournir un homme, et, dans une proportion inférieure, les autres qui ne possédaient que la valeur mol)ilière d'une livre d'argent. Les pauvres gardaient la ville ou travaillaient aux routes, aux fortifications, aux ponts. Toutes ces réformes constituèrent un changement notable , puisque le service fut 'dû, non-seulement par les grands propriétaires, mais par tous sans distinction. Tout homme libre eut à se choisir un seigneur^ sous la bannière duquel il put marcher à la guerre. Le service militaire devint donc une charge personnelle et réelle tout ensemble , et l'intérêt du prince s'identifia avec celui de l'État. Les hommes libres non-propriétaires en furent dispensés ; les petits propriétaires, afin de jouir de cette exemption, se mirent souvent sous la dépendance des grands, ce qui diminua le nombre de ceux qui portaient les armes. De cette manière, le peuple et l'armée ne firent qu'une seule et même chose; un nouveau lien dont personne ne pouvait s'affranchir fut introduit, et l'on vit disparaître cette liberté absolue qu'affectaient les anciens Germains.

Quiconque possédait un bénéfice, quelque petit qu'il fût, était obligé de servir à cheval, armé du bouclier, de la lance, du sabre , d'une large épée, d'un arc et d'un carquois garni , tandis qu'il suffisait à l'homme libre d'une lance, d'un bouclier, d'un arc et de douze flèches. L'un et l'autre devaient avoir en outre une cuirasse, si leur alleu ou leur bénéfice se composait de douze manses.

Les bagages du roi, des évêques , des comtes, les approvisionnements et les machines étaient transportés aux frais des propriétaires. Chaque comte, dans sa juridiction, veillait à l'entretien

(1) Une maison avec les étal)les et les bâtiments rustiques formait une cour; une cour avec ses champs et ses bois s'appelait manse, propriété de douze arpents; plusieurs manses constituaient une marche, et plusieurs marches , un district, pagiis.

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