‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 106 sur 365 · RÉFORMES ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

RÉFORMES ECCLÉSIASTIQUES

signé les prélats suivant son bon plaisir, sur la fin de son règne, il restitua formellement aux ecclésiastiques et au peuple le choix de révêque, bien qu'il se fit d'ordinaire sous la présidence de commissaires royaux. Mais la simonie corrompait les élections populaires , comme elle avait corrompu la nomination faite par le prince.

Les particuliers et l'administration publique, l'autorité civile et religieuse cherchaient à réprimer de si graves abus. On imposa aux moines des règles d'une telle perfection qu'il n'est pas étonnant s'ils ne parvenaient pas toujours à y atteindre. Il est question des chanoines avant cette époque ( 1 ) ; mais ce fut alors seulement qu'ils eurent une règle déterminée, qui les assujettit à la psalmodie en commun, et associa la forme monastique à la vie séculière.

Charlemagne s'efforçait d'introduire dans la vie religieuse l'ordre et l'activité qu'il avait apportés dans le gouvernement temporel. Il chargea les missi dominici d'examiner les plaintes portées contre les évêques ou les abbés; si ces dignitaires vivaient conformément aux canons, et comment les églises étaient tenues; s'il était commis des désordres auxquels l'évêquene pût remédier. Il fit faire, par Paul Warnefride, un recueil d'homélies de saint Augustin, de saint Ambroise, de saint Hilaire, de saint Chrysostome, de Léon et de Grégoire le Grand, pour servir de modèle aux orateurs sacrés. Il ordonna de prêcher dans les paroisses de manière à se faire comprendre du peuple , et voulut même que les évêques lussent fréquemment à leurs ouailles la Bible et les saints Pères. A l'occasion de quelques doutes qu'avaient soulevés les rites du baptême, il consulta les évêques, et nous avons le livre qui fut écrit en réponse par Odelbert , archevêque de Milan.

(1) Dès les premiers temps, il y eut des prêtres attachés aux cathédrales, qui formaient un collège. Ils vivaient des biens de l'Église, et assistaient i'évêque dans les mystères et les synodes. Dans le concile de Laodicée, de 364 ( can. 15 ), on trouve mentionnés les chanoines, ainsi nommés du canonow catalogue sur lequel ils étaient inscrits. An quatrième siècle, saint Eusèbe réunit son clergé dans la même maison pour les nourrir à une table commune, et leur imposa des règles sévères , qui servirent peut-être de modèle à celle de saint Augustin. C'est à Côme, qui avait des chanoines on 803, que je trouve l'exemple le plus ancien ; l'église de Saint-Jean de Florence en eut en 824. Ils furent introduits à Milan dans le onzième siècle, dans l'espoir que leur institution remédierait an concubinage. On écrivait les noms des chanoines sur des tablettes enduites de cire; de là, le titre de Primicerius.

\m LETTRES.

Nous ne trouvons pas moins de quarante conciles sous son règne. Quelques-uns traitèrent d'intérêts politiques, mais tous s'occupèrent de lorganisation morale de la société civile et religieuse; Gharlemagne prêtait l'appui du bras séculier aux canons ecclésiastiques. Les décrets de réforme émanés de ces conciles, leurs recommandations continuelles, le soin qu'ils prennent de régler les moindres actes , révèlent une socicté novice dont chaque pas a besoin de direction, ainsi que le contraste entre l'intention du législateur et la corruption des gouvernés.

Au temps de Gharlemagne, et grâce à son influence, les études et les beaux-arts jetèrent quelque éclat. Pour imputer aux barbares tout seuls le dépérissement de la littérature, il faudrait oublier dans quel état de décrépitude elle se trouvait vers la fin de l'empire; or, puisque les mêmes causes existaient , elle devait continuer de déchoir. Il faudrait encore oublier combien elle fut pitoyable dans l'empire d'Orient , préservé des barbares , où les stériles gardiens du savoir antique , bien qu'ils possédassent intacte la plus belle langue et tant de moyens d'étude, ne surent faire que des compilations d'une docte et monotone puérilité.

Dans l'Italie, exposée chaque jour aux invasions, à la guerre, nu massacre, les clercs presque seuls purent se livrer à l'étude et composer ; mais ils s'occupaient surtoutde matières religieuses. A la chute de l'ancien gouvernement, les traitements des professeurs cessèrent, et les écoles furent fermées; mais l'Eglise, qui n'accueille dans son sein que les hommes instruits des vérités capitales, en ouvrit partout, à côté des palais épiscopaux, dans les couvents , jusque dans les campagnes , où l'on n'avait pas encore songé à introduire l'éducation. Les écoles étaient des pépinières de bons prêtres et de missionnaires ; outre l'enseignement religieux, on y donnait une teinture des lettres, autant du moins qu'il le fallait pour parler aux peuples au milieu desquels ils devaient se rendre, et pour en connaître les lois et les coutumes.

Les écoles épiscopales, il est vrai , devinrent chaque jour plus arides, et celles des paroisses tombèrent sous la direction de personnes dépourvues de savoir et de charité; mais on continua dans les couvents à s'occuper avec amour de l'instruction élémentaire et supérieure , sans négliger le soin spécial de copier des livres. Les écoles du mont Cassin et de Bobbio acquirent une grande renommée; le concile de Vaison ordonnait aux curés d'avoir chez eux des jeunes gens pour les instruire dans les choses néces-

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