‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 107 sur 365 · LETTRES · texte numérisé non relu

LETTRES

saires à celui qui sert l'Église « selon l'usage salutaire suivi dans toute l'Italie ».

L'enseignement une fois dans les mains du clergé , il était naturel qu'il s'appliquât tout entier à la science divin*, en expliquant les maximes éternelles ou les livres sacrés par l'histoire, la philosophie, l'allégorie et la morale. Ce n'est plus le seul attrait de plaisirs intellectuels, une idolâtrie du beau, qui influe par accident sur la société; mais les sciences et les lettres ont pour objet pratique de gouverner les hommes, de déterminer les croyances, de réformer les mœurs.

La multiplicité des écrits de circonstance, discussions théologiques, homélies, exhortations, commentaires, qui nou. restent malgré le grand nombre des oeuvres perdues ou inédites, prouve que les intelligences n'étaient pas engourdies comme on l'a prétendu quelquefois. 11 n'est pas vrai non plus que les penseurs fussent enchaînés aux questions delà foi; ils agrandissaient au contraire le cercle de leurs idées pour construire la société nouvelle, et pour insinuer dans les esprits jeunes et purs les croyances qui pouvaient seules adoucir leur nature farouche. Les évèques prêchaient toutes les semaines; les missionnaires allaient répandre la vérité, après s'en être pénétrés de manière à pouvoir répondre à toutes les objections; les papes alimentaient la flamme du savoir, et plusieurs d'entre eux nous ont laissé des lettres pleines d'érudition ecclésiastique.

Nous avons parlé de Boèce et de Cassiodore. Ce dernier, après avoir vu s'écrouler le trône dont il avait été un des fermes soutiens, se retira dans le monastère de Vivari , où il partagea son temps entre l'étude et la dévotion. Il voulut que les moines de son couvent, qui avaient peu d'aptitude pour les lettres, se livrassent à des travaux manuels, surtout à la culture des terres et aux détails de l'économie rurale, ce qui, dit-il, profite non-seulement à ceux qui s'en occupent, mais fournit encore les moyens de secourir les pauvres et les infirmes. Dans les heures de loisir, ils copiaient des livres , et lui-même, bien qu'il eût quatre-vingttreize ans, écrivit dans ce but un traité d'orthographe. Dans le livre de Anima, il résout douze questions que des amis lui avaient proposées lorsqu^il était encore laïque. Son exposition des psaumes est un extrait de saint Augustin et des autres Pères. Il a aussi composé une chronique depuis le déluge jusqu'à l'an .'» ! î), qui fournit quelques renseignements sur le cinquième siècle, rien pour les temps antérieurs. Son histoire des Goths, en douze livres.

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