‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 11 sur 365 · CHATIMENTS. PROPRIÉTÉS · texte numérisé non relu

CHATIMENTS. PROPRIÉTÉS

dant tout le moyen âge, travaillèrent à la supprimer. D'abord, et

ce fut un grand succès, ils soumirent ces guerres individuelles à certaines formalités ; l'offensé, par l'obligation qu'on lui imposa de faire précéder l'attaque d'une sommation , dut ajourner sa vengeance, et puis on ouvrit un asilej dans les lieux sacrés. Dans l'intervalle on cherchait à réconcilier les ennemis, la première fureur s'apaisait, et l'on prévenait du moins les excès, jusqu'à ce que le droit d'infliger les châtiments fut réservé aux tribunaux.

Mais les peines avaient toujours pour objet et motif essentiels la vengeance de l'offensé, non de la société entière ; si l'offensé acceptait la composition de l'offenseur, la société n'avait plus à le punir. Dans le principe , l'offensé avait le droit d'accepter ou de i-efuser le wehrgeld; plus tard les gouvernements, devenus assez forts pour substituer la loi à la vengeance personnelle, l'imposèrent d'office et l'établirent d'après une échelle de proportion.

Les envahisseurs, qui, après avoir dépossédé les anciens maîtres, occupèrent leurs maisons et leurs biens, s'appelèrent hôtes, pour couvrir d'un beau nom une mauvaise action. Le roi, selon quelques écrivains, aurait pris les domaines qui avaient appartenu aux empereurs; les capitaines, les vastes possessions des sénateurs, et les autres guerriers , des biens proportionnés à leur rang et à leur mérite. Les parts attribuées au nouveau seigneur furent appelées aortes harharicx, ou, dans la langue germanique allod , ahrimannie^ c'est-à-dire propriété absolue , libre, puisqu'elle n'entraînait aucune servitude, et constituait la véritable personnalité de quiconque appartenait à la race des conquérants. L'honneur militaire est leur privilège exclusif, et les mots propriétaire, guerrier, citoyen, deviennent synonymes. Tout étant constitué militairement, la ville ou la province est une espèce de corps d'armée; la possession, liée à la sûreté politique, impose l'obligation du service armé et de la garantie réciproque ; celui qui l'abandonne est donc regardé comme déserteur.

Les plus grands propriétaires assignent aux mêmes conditions, à vie ou bien héréditairement , quelques portions de leurs domaines à des amis et à des lidèles, sous le nom de bénéfices; cette propriété, à la différence du franc-alleu , est soumise à des obligations envers un seigneur non souverain, à qui elle fait retour en cas de mort ou faute d'héritier. Les censives, terres tributaires , qui devaient au maître une redevance en argent ou en nature, formaient une troisième espèce de propriété.

La distinction des personnes correspondait à cette variété de

Page 1