‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 120 sur 365 · LES PAPES ET LES EMPEREURS · texte numérisé non relu

LES PAPES ET LES EMPEREURS

duels judiciaires du bâtou et du bouclier, sauf les cas de déloyauté (i).

Les relations des pontifes avec les empereurs se continuèrent avec un mélange de dépendance et de suprématie. Le peuple romain, après la première chaleur des applaudissements, et lorsqu'il ne fut plus sous l'influence des spectacles qui l'éblouissent si facilement, se dégoûta de la restauration de l'empire, comme si elle détruisait sa propre indépendance; il se souleva donc à la mort deChaiiemagnc, Léon III fit arrêter et punir les coupables. Cette action directe du pape parut à Louis le Débonnaire une atteinte à sa souveraineté, et il envoya sou neveu Bernard prendre connaissance du fait. Après information , il se déclara satisfait , et non-seulement il confirma les donations antérieures , mais il les accrut. Etienne IV, cependant, fut intronisé, sans attendre le *"<'• consentement impérial ; seulement il eut soin de faire prêter par le peuple serment de fidélité à Louis, et de lui envoyer quelqu'un pour s'excuser. Quelque temps après, il se rendit à Reims pour le couronner; l'empereur se prosterna trois fois devant lui, et lui fit tant de dons qu'ils valaient le centuple de ceux que le pape avait apportés de Rome (2). Etienne, ayant trouvé en France beaucoup d'Italiens exilés pour leurs offenses envers le pape Léon, leur pardonna et les ramena dans leur patrie : cortège vraiment digne d'un pontife. A la mort d'Etienne, le peuple romain élut ^'7. Pascal sans attendre la sanction de l'empereur, qui s'en plaignit. Pascal couronna l'empereur Lothaire; mais, aussitôt après son départ, deux officiers de l'Église romaine furent tués, parce qu'ils s'étaient montrés ses partisans dévoués. Des commissaires impériaux vinrent demander raison de ce meurtre, et le pape, avec trente-quatre évèques, jura qu'il était innocent.

La faction aristocratique ayant nommé Eugène II, Lothaire se rendit à Rome pour apaiser les troubles ; il ordonna que le ^2'*peuple jurât fidélité à l'empereur, sans préjudice de celle qui était due au pape, et qu'on fit les élections selon les règles canoniques, en présence des commissaires de l'empereur et avec son consentement. Malgré ces prescriptions , Valentin fut intronisé sans attendre cette adhésion ; mais, après ce pape, qui mourut au bout ji^?. de quarante jours, Grégoire IV fut élu plus régulièrement. Ainsi

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