‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 13 sur 365 · CONDITION PERSONNELLE · texte numérisé non relu

CONDITION PERSONNELLE

du royaume, si ce n'est avec sa tribu ou /are (1) ; car la fare était une garnison, et quiconque l'abandonnait pouvait être considéré comme un déserteur.

Tous pouvaient intervenir dans les assemblées nationales, où les principaux discutaient sur les intérêts publics. Les hommes libres jouissaient des mêmes droits, sans distinction de classes , et les lois lombardes ne font pas mention de nobles (2). On appelait ahrimans les hommes parfaitement libres (3), à la différence des censitaires, ou aldii^ ou coloni pagenses, qui cultivaient la terre des autres. L'esclave pouvait s'élever à la condition d'aldion ( homme de la vallée ) et, dans ce cas , le maître devenait son patron; le Lombard libre, par suite du jeu ou d'amendes qu'il n'était pas en mesure d'acquitter, pouvait tomber dans cette condition.

Comme les hommes libres entraient seuls dans l'armée, les femmes, les enfants et les serfs ne dépendaient pas des chefs militaires, mais restaient soumis au plus proche parent, ou au seigneur qui leur servait de garant. Les Lombards appelaient mund cette protection, amund celui qui en était exempt, et mundwald l'individu qui l'exerçait sur d'autres. Le mundwald était obligé de défendre et de protéger son pupille et de demander satisfaction pour lui ; il percevait les amendes qu'on attribuait à son protégé.

Avec le roi étaient venus d'autres seigneurs , qui ne se regardaient comme ses inférieurs que parce qu'ils l'avaient choisi pour chef, et qui , par conséquent, occupaient en souverains une por-

(1) RoTHARis , loi 1??; LuiTPRAND, liv. 111, lol 4. De fahren, engendrer, racine vieillie de Vor/ahren, progéniteiirs ; ce mot correspond au moi gens des Latins. En Albanie,/«r« signifie aujourd'hui la naême cliose.

(2) Dans les lois; mais Paul Diacre, liv. i, cli. 21, cite les Adalingi , sic enim apud eos qiiaedam nobilis prosapla vocabatur. Ce n'était peut-être que la race royale.

(3) Liberi, ingenui , ingenuiles , plus tard boni homines. Ehre signifie honneur, et heer armée ; l'ahriman est donc un homme d'honneur ou d'armes. Troya fait observer que le mot àpifiave; se trouve dans Appien, de Bello myth. Othon 1*"^, en 967, donne à un monastère un bourg cum iiberis hominibus, qui vuhjo herimannidtcuntur ( Antiq. ital. i, 717 ). Henri IV, en 1074 : Donamus insuper monasterio... liheros homines, quos vulgo arimannos vocant. ( Ib. 739. ) Sismondi fait des ahrimans des cultivateurs libres qui , outre leurs propres terres , avaient des empliytéoses des grands , et qui seuls, avec les nobles, intervenaient dans les plaids (eh. 2); Jean M\i\\n' {Allg.Geschichle) , croil que l'ahriman, parmi les Lombards était le chef militaire de chaque bourgade ; l'nn et l'autre se trompent.

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