LOUIS II EN CALABRE
palais (1). Louis resta trois jours au sommet d'une^tour; puis, la faim l'ayant fait descendre, il jura sur des reliques de ne pas se venger et de ne plus revenir. Mais, à peine en liberté, il se fit absoudre par le pape de cette promesse arrachée par la violence, et obtint du sénat romain l'autorisation de proscrire ce prince.' Il l'assaillit donc, et jura de ne point abandonner Bénévent sans avoir pris le rebelle. Mais il ne put tenir ce serment ; car le prince eut recours à l'empereur de Constantinople, auquel il promit le tribut qu'il payait aux Francs, et le pape Jean VIII, appelé dans «72. son camp, les réconcilia (2). Les rois, ses parents , dont les se-
(1) Alors fut composé ce chant :
Audite omnes fines terrae horrore cum tristilia,
Quale scelus fuit factuni Benevento civitas :
Lhudovicum comprenderunt , sancto, pic , augusto. Beneventani se adunarunt ad usum consilium,
Adalferio loquebantur, et dicebant principi ;
Si nos eum vivum dimittemus, certe nos peribimus ; Scelus magnum praeparavit in istam provinciam,
Regnum nostrum nobis tollit, nos habet pro nihilum;
Plura mala nobis fecit; rectum est moriad. Deposuerunt sancto pio de suo palatio;
Adalferio illum ducebat usquead prœtorium,
Ille vero gaude visum tamquam ad martyrium. Exierunt Sado et Saducto, inobviabant imperio ,
Et ipse sancte pius incipiebat dicere :
Tamquam ad latronem venistis cum gladiis et fustibus. Fuit jam namque tempus vos allevavit in omnibus ;
Modo vero surrexistis adversus me consilium,
Nescio pro quid causam vultis me occidere. Generatio crudelis veni interficere,
Ecclesiceque sanctse Dei venio diligere.
Sanguine veni vindicare quod super terram fusus est. Kalidus ille temtador ratum atque nomine
Coronam imperii sibi lu caput ponel, et dicebat populo :
Ecce suraus imperator, possum vobis regere. Lœto auimo tiabebat le illo quo fecerat,
A daemonio vexatur, ad terram ceciderat;
Exierunt multae turmae videre mirabilia.
Magnus Dominas Jesu judicavit judicium :
Multa gens Paganorum exit in Calabria,
Super Salerno pervenerunt possidere civitas. Juratum est ad sanctœ Dei reliquiae
Ipse regnum defendendum, et alium requirere.
(2) Les annales de Bertin de Metz racontent ces faits en détail. Muratori n'y ajoute pas beaucoup de loi; cependant, dans les points principaux, elles s'accordent avec les cluoniques italienne?.
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cours avaient tardé, s'en retournèrent ; quelques vassaux, qui s'étaient mis au service du rebelle, ou n'avaient pas aidé l'empereur, furent punis.
Ces dissensions tournaient au prolit des Sarrasins, qui , jaloux de venger leurs défaites , envoyèrent de l'Afrique et de la Sicile une armée immense à Salerne et vers Capoue , pour venir en aide à leurs colonies ravivées : celle de Tarente avait repris Bari ; la Fouille était ravagée par les musulmans vainqueurs, et Naples, Gaète, Amalfi, ne leur étaient pas hostiles. Louis, à peine délivré, leur lit la guerre ; mais, avant de mourir, il les vit maîtres de l'Italie méridionale, menaçant d'incendier Salerne et Bénévent, dont ils ravagèrent les environs. Salerne, assiégée , se défendait avec courage ; mais l'empereur, très-irrité contre son duc, refusait de la secourir. Au siège de cette ville, l'émir Abdila installa son lit sur la table de l'autel d'une église, et, chaque nuit, il y sacrifiait la virginité d'une religieuse , jusqu'à ce qu'il fut écrasé par une poutre. Pendant le siège deBénévent, un citoyen, qui s'était glissé en bas des murailles pour aller demander de l'assistance, est pris à son retour. Les Arabes lui font de grandes promesses pour le déterminera tromper les siens, et des menaces terribles s'il refuse ; mais , conduit au pied des remparts, il s'écrie : « Courage ! tenez bon ! il vous arrive des libérateurs. Je vais périr, je vous recommande ma femme et mes enfants. » 11 fut mis en morceaux.
Louis vint au secours des peuples du Midi, et remporta quelques avantages, aidé par les Amalfitaius et les Gapouans, qui s'étaient enfin aperçus que le danger menaçait toutes les villes. A Naples, le duc Sergius était en lutte avec le saint évêque Athanase, qui, pour se soustraire à ses persécutions, scella le trésor et s'enfuit dans l'ile de Salvatore. Sergius envoya des Napolitains et des Sarrasins pour le saisir ; mais l'empereur expédia Marin, ducd'Amalfi, qui massacra les agresseurs. Sergius, pour se venger, enleva le trésor, et fut excommunié par le pape, tandis que l'empereur et les peuples comblaient Athanase d'honneurs.
Les Sarrasins, fatigués de la longue résistance de Salerne, chargèrent de fers le nouvel émir, Ahimélech, et partirent, abandonnant munitions et vivres. Mais, renforcés par de nouvelles troupes et d'accord avec les indigènes, ils parvinrent à s'établir sur la côte de lu Campanie, et dévastèrent les territoires de Bénéveut, de Télèse, d'Alifi. Le duc Adelgise, après une défaite,