‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 140 sur 365 · BÉRENGER. GUI · texte numérisé non relu

BÉRENGER. GUI

lieus (i) ; puis , ayant fait alliance avec les ducs de Camerinoet de Spolète, il attaqua Bérenger, secouru par d'autres seigneurs. Une bataille sanglante eut lieu dans le voisinage de Brescia, et Bérenger vaincu dut se contenter de son duché du Frioul, avec résidence à Vérone.

Alors les évêquesdu royaume, qui désormais exerçaient le droit suprême, se réunirent à Pavie, et, méditant sur « tous les maux que l'Italie , en expiation de ses pèches, avait soufferts depuis Charlemagne , maux tels qu'aucune langue ne pourrait les exprimer », ils résolurent de mettre fin aux massacres , aux sacrilèges, aux rapines, aux méfaits de toute espèce qui attiraient la colère céleste. Enfin, voulant sauver leurs églises et toute la chrétienté plongée dans la désolation, ils s'assemblèrent pour imposer une pénitence aux malfaiteurs reconnus , les réprimer à l'avenir, et, dans ce but, ils élurent pour roi le très-pieux et très-excellent Gui. On lui promit obéissance à la condition qu'il respecterait les immunités et les domaines de l'Eglise romaine, avec les privilèges et les pouvoirs qu'elle avait obtenus des empereurs anciens et modernes ; car il ne convenait pas que cette église « placée à la tête des autres, salut de tous, refuge et consolation des affligés », fût molestée par le premier venu. Le pontife, au contraire, devait être vénéré par tous les princes et tous les fidèles. Venaient ensuite d'autres prescriptions : « Que les églises épiscopales ne souffrent ni vexations ni préjudice ; que leurs directeurs exercent librement l'autorité sacerdotale dans les choses ecclésiastiques, et quand il s'agit de réprimer les transgresseurs de la loi divine ; qu'on n'impose pas de nouvelles charges aux évêchés, aux abbayes , aux hospices ou autres lieux sacrés ; que tout prêtre et ministre du Christ reçoive les honneurs et les témoignages de respect dus à son rang, et qu'il reste sans être inquiété, avec les choses ecclésiastiques et les familles dont il est chargé, sous l'au-

(I) Le panégyriste de Bérenger met les vers suivants ( liv. ii, v. 200 ) dans la bouche d'un capitaine français de l'armée de Gui :

Quid inertia pectora bello, Pectora ( Ubertus ait ) duris prœtenditis armis, O Itali? Potus vobis, sacra pocula cordi, Ssepius et stomachum nitidis laxare saginis, Elatasque domus rulilo fuloire métallo.

Non eadem Gallos similis vel cura remordet, Vicinas quibus est studium devincere terras, Depressumque larem spoliis bine Inde coactis Sustentare,

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