LES HONGROIS
l'autorité des rois. Mais enfin ces rois appartenaient à leur race, tandis qu'ils étaient étrangers pour l'Italie; il ne s'en trouva aucun parmi eux qui sût rompre avec sa propre nation, pour se faire le chef d'un peuple nouveau. Ainsi, pendant que les autres pays conquéraient leur indépendance , la Péninsule perdait la sienne; car les petits seigneurs, faute d'une population qui pût les rendre forts, avaient recours aux souverains étrangers. Bérenger, resté seul roi, délivre Adalbert; mais un nouveau fléau, les Hongrois, vient fondre sur l'Italie.
Dans la grande commotion d'Attila, les Hongrois étaient venus des monts Ourals et de la mer Caspienne. Au huitième siècle, ils s'avancèrent davantage; après avoir soumis les Valaques et les Suèves des vastes plaines en deçà des Krapacks , ils commencèrent à se rendre redoutables à l'Europe par leurs incursions et leurs pillages. Les Carlovingiens, dans leurs misérables luttes des derniers temps, réclamèrent souvent leur concours, et Arnold les poussa avec les Croates à tomber sur le puissant empire des Moraves. Conseil imprudent (l), car, cette barrière renversée, ils se trouvèrent en contact avec l'empire franc, qu'ils parcoururent sur leurs chevaux rapides, laissant partout des traces d'une férocité sauvage.
Les Hongrois nous sont dépeints comme des gens difformes et barbares à l'excès : ils avaient le nez épaté, et les mères mordaient leurs enfants au visage pour les habituer à la douleur. Dans la frayeur qu'ils inspiraient, on se demandait s'ils n'étaient pas ce peuple de Gog et de Magog, prédit par l'Apocalyse comme le précurseur de la fin du monde. Des processions et des cérémonies religieuses furent introduites pour écarter cet orage, et l'on fit des prières où l'on demandait à Dieu de délivrer les hommes de la fureur des Hongrois. Les prodiges, comme d'habitude, ne
(1) L'historien Luitprand, évêque de Crémone (!iv. i. ch. 5) s'exprime ainsi ; Hungarorum gentem cupidam, audacem, omnipotentis Dei ignaram, scelenim omnium non insciam, cxdis et omnium rapinarum solummodo avidam, in auxilium convocat ; si iamen auxilium dici potest qund pnullo post, co moriente, fnm ijenti suge, quam ceteris, in meridie occasuque degentihus nationibiis grave periculum, imo excidiuni fait. Quid igitur ? Zuentebaldus vincitur, subjugatur, /if tribu iarius,sed domino solus. 0 csccam Arnulphi régis regnandi cnpidi/aiem'. 0 infelicem amarumque dleml Unins homnncionis dejrctioJK totius Europ.r contritio. Quid mulieiibus viduitates, patrïbus orbitates, virginibus corruptiones, sacerdotibus populisque Dei captivitates, ecclesiis desolationes, terris inhabitatis solitudines, céeca ambitio, paras P