‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 151 sur 365 · LE PAPE NICOLAS. ADRIEN II · texte numérisé non relu

LE PAPE NICOLAS. ADRIEN II

Nicolas fut le premier pape couronné en présence d'un empe- sss. reur ; Louis II assista à son intronisation , tint la bride de sa monture, et même, selon quelques-uns, lui baisa le pied. Tiré du cloître véritablement par force, parce qu'il sentait toute la dignité du siège qu'on lui offrait, il voulut s'y maintenir avec une inflexibilité qui ne démentit point ses mœurs austères et ses intentions pleines de droiture. Il défendit la suprématie papale contre Photiirs, patriarche de Constantinople, qui fut la cause du schisme grec; il défendit la sainteté du mariage contre l'intempérance des rois, qui prétendaient répudier leurs femmes aussitôt qu'ils étaient rassasiés des chastes plaisirs du mariage. Après la mort de Nicolas, Lambert, duc de Spolète, entra à Rome, et, sous le prétexte d'apaiser quelque trouble, il la laissa saccager par ses bandits, qui ne respectèrent ni églises ni monastères, et enlevèrent plusieurs jeunes filles de haute naissance. Tel était le désordre qui régnait auprès du chef de la chrétienté.

Le nouveau pape, Adrien II, avait eu pour femme une certaine Stéphanie, qui vivait encore, avec une jeune fille promise en mariage à un noble. Anastase, curé de Saint-Marcel , autrefois l'ennemi des papes et excommunié, puis gracié et nommé bibliothécaire, avait pour frère Éleuthère, noble et dépravé comme lui, qui séduisit la jeune fille, l'enleva et l'épousa. Adrien, indigné, trouva le moyen de l'arracher à son ravisseur, qui, pour se venger, tua la mère et la fille. Eleuthère fut arrêté; mais Arsène, son père, prodiguant l'or à l'impératrice Angisberge, qui en était avide , s'assura la protection de l'empereur. Au milieu de ces débats, l'empereur mourut, et le pape demanda des commissaires impériaux, pour instruire le procès et juger selon la loi romaine; Eleuthère fut envoyé au supplice, et son frère Anastase, excommunié.

Jean VIII, intrigant et passionné, jugea mal la moralité des 8-2. actions ; il prodigua les excommunications , convertit les pénitences en pèlerinages , et se laissa tromper par Photius. Appelé (et ce fut le premier pape qui joua ce rôle) à décider entre deux compétiteurs à l'empire, il déclara que cette dignité ayant été conférée à Charlemagne par la grâce de Dieu et le ministère du pape, il la transportait au roi des Francs, qui était Charles le Chauve (l). On dit que ce roi, pour témoigner sa reconnaissance,

(1) An moment où l'élection de Carloman, comme roi d'Italie, se préparait en Lombardie, le pape écrivait à Anspert, arclievêque de Milan, pour l'éloi-

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