JEAN XII. OTHON LE GRAND
« ment ou mes exhortations, tu ne perdras la vie, ou tes mem- « bres, ou ton honneur. Dans la cité romaine, je ne prendrai , « sans ton consentement, aucune mesure à l'égard des chosesqui « te concernent, toi ou les Romains. Je te restituerai toutes les « parties du domaine de saint Pierre qui viendront en ma pos- " session, et je ferai promettre à celui que je chargerai d'admi- « nistrer le royaume d'Italie de t'aider à défendre de tout son pou- « voir le patrimoine de saint Pierre. Que je sois ainsi aidé par n Dieu et par les saints Évangiles de Dieu. »
Arrivé à Rome, Othon jura en ces termes , confirma la donation de Pépin et de Charlemgne, y compris Rome avec son duché, ajoutant à l'acte de Louis le Débonnaire Rieti, Amiterne et cinq 962. villes de Lombardie, sauf son droit et celui de ses descendants, 2 février, et obtint la couronne impériale.
Lorsqu'il fut parti, des bruits abominables parvinrent à son oreille, et sur la conduite du jeune pape, et sur ses intrigues avec Adalbert, fils de Bérenger. Othon revint à Rome; le pape, après quelque résistance armée , s'enfuit avec le trésor de saint Pierre et le roi Adalbert qu'il avait appelé à Rome, et l'empereur réunit un concile pour le juger. Les méfaits articulés contre lui sont horribles : le palais de Latran converti en lieu de débauche par les femmes qui l'habitaient; des cardinaux et desévéques mutilés, aveuglés, mis à mort; la messe célébrée sans communion; l'ordination d'un diacre dans une écurie; le saint ministère accordé à prix d'argent ; un enfant de dix ans promu à l'évêché de Lodi ; des incendies allumés, au milieu desquels le pape se serait montré avec le casque, le haubert et l'épée ; l'impiété portée au point de boire en l'honneur du démon et des divinités païennes : telles sont les accusations dont l'excès indique quel esprit les avait dictées.
Jean, n'ayant pas comparu pour se justifier, fut déclaré déchu 955. et remplacé par Léon VIII, encore laïque : tant les séculiers s'arrogeaient de prérogatives! et les fruits étaient en rapport avec la semence. Jean avait laissé beaucoup d'amis. Aidé par eux et par les seigneurs du duché, il excita un soulèvement; mais les Allemands renversèrent les retranchements qu'ils avaient élevés sur le pont, et les taillèrent en pièces jusqu'à ce que Léon s'interposât. Aussitôt qu'Othon fut parti pour aller combattre Adalbert , qui se fortifiait dans les marches de Spolète et de Camerino, Jean revint a la tête d'une bande de Sarrasins , et pénétra dans Rome au milieu des acclamations du peuple , i\ qui sa haine pour la do-