OTHON LE 6RA.NS
mination étrangère avait fait oublier les scandales du pontife ; il commençait à exercer de terribles vengeances, quand il périt 96*- frappé par la main d'un mari outragé.
Les Romains , sans égard pour l'empereur, se hâtèrent d'élire Benoit V ; mais Otiion accourut de nouveau , mit le siège devant Rome et la força de se rendre par famine. Après avoir rétabli l'antipape Léon, il fit décréter par un concile que désormais il appartiendrait aux empereurs de nommer leurs successeurs au royaume d'Italie, de donner l'institution au pape, et de conférer l'investiture aux évéques dans toute l'étendue de leurs États (l ). Ainsi le royaume d'Italie devenait une annexe de l'empire, et la supériorité des empereurs sur les papes se consolidait. Tels étaient les fruits de l'horrible immoralité qui plongeait toutes les classes dans les passions matérielles, rendait le devoir insupportable, obligeait les gouvernements à redoubler de rigueur pour maintenir quelque règle, et ballottait le peuple entre une turbulence orgueilleuse et une misérable frayeur de la force étrangère, entre les violences et la lâcheté, ennemies capitales delà liberté. Dès ce moment, la Péninsule se trouva réduite à développer sa propre civilisation sous l'oppressive influence d'un pouvoir étranger ; l'histoire de l'Allemagne et celle de l'Italie ne révèlent plus qu'une antipathie mutuelle entre les deux nations.
Othon s'en retournait traînant à sa suite le pape élu par le peuple, lorsque la peste désola sou armée, dont elle fit périr les chefs. Ce fléau fut considéré comme un châtiment de Dieu pour les violences qu'il avait commises à Rome. Après la mort de Benoit et de Léon , on fit demander un pape à l'empereur, qui nomma 965; Jean XIII; mais les grands de Rome expulsèrent ce pontife. La faction de Bérenger survivait encore, et, bien qu'elle eût perdu le fort Sanleo , la citadelle de Garda et l'île de Comacine, Adalbert continuait à inquiéter la Lombardie. Othon revint avec des projets de vengeance ; il envoya au delà des monts plusieurs évêques , fit outrager le préfet de Rome et pendre treize des principaux citoyens avec les tribuns , rétablit le pape Jean XIII , et répandit une telle épouvante que les seigneurs lombards de Bénéventet de Salernese reconnurent ses hommes-Uges.
Restait la domination des empereurs grecs, qui, ne voyant que des usurpateurs dans ceux d'Occident , protestaient sans cesse contre eux ; Othon résolut donc de les expulser d'Italie,
(1) Décret. Grat., dist. 63, par. i,ch. 23.