‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 156 sur 365 · OTHON LE GRAND · texte numérisé non relu

OTHON LE GRAND

afin de pouvoir ensuite exterminer plus facilement les Sarrasins. Il fit alors quelques démonstrations contre leurs possessions de Calabre; mais en même temps il envoyait demander qu'elles fussent données, à titre de dot, à une belle- fille de l'empereur Nicéphore Phocas, dont il sollicitait la main pour son fils Othon , roi de Germanie. Cette mission fut confiée à Luitprand, évêque de Crémone, le chroniqueur de cette époque, plein de finesse ou de malice, qui se plaît à recueillir des anecdotes scandaleuses sur les rois et les papes. L'ambassadeur n'obtiut aucun résultat favorable ; bien plus , quelques individus, qu'on avait envoyés pour recevoir les dons promis, furent massacrés. Othon, sans plus tarder, mit alors le siège devant Bari, et continua longtemps la guerre à laquelle ne dut pas rester étranger Adalbert, irréconciliable ennemi du vainqueur de son père. Mais le nouvel empereur, Jean Zimiscès, se raccommoda avec Othou, qui sortit ^ de l'Italie et mourut bientôt ; la postérité lui conserve le titre de Grand.

Son nom indique une nouvelle phase de la civilisation en Italie. Lorsque Charlemagne était venu dans la Péninsule , il n'avait trouvé en face de lui que la nation lombarde, seule armée et maîtresse absolue, tandis que les vaincus, dépouillés de tout, avaient perdu jusqu'à leur nom. A la descente d'Otlion, les conditions étaient changées ; à côté de la noblesse franque et lombarde, grandissaient les villles et le clergé; le commerce était plus actif, les esprits plus éveillés. Le nombre des fiefs n'égalait pas encore celui des propriétés allodiales; car, dans les luttes passées, si les rois , pour se faire des amis, avaient prodigué les bénéfices, ces possessions devenaient libres à la chute du seigneur, et les hommes qui les habitaient acquéraient l'immunité, c'est-àdire ne dépendaient que du roi, comme il arrivait de ceux qui vivaient sur les terres appartenant aux évèques et à l'Église. Il est vrai qu'un grand nombre d'individus, pour se soustraire à l'obligation du service militaire, se faisaient les vassaux et parfois les serfs de voisins puissants , ce qui diminuait les propriétaires libres. D'autres, effrayés par les incursions des Hongrois , recherchaient la vassalité pour trouver une protection dans les seigneurs. Ces faits se produisaient dans la campagne ; mais, dans les villes, les citoyens se trouvèrent assez forts pour se défendre eux-mêmes, et la commune des hommes libres s'y maintenait. Dans les cités , pourtant, on trouvait des hommes dépendants de l'évêque, d'autres des seigneurs, d'autres encore du roi, condition

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