‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 157 sur 365 · OTHON LE GRAND · texte numérisé non relu

OTHON LE GRAND

dans laquelle on voyait alors la liberté. Les hommes de la dernière catégorie étaient gouvernés par des comtes, qui, profitant de l'éloignement du roi, fortifiaient leur puissance et tendaient à rendre leur dignité patrimoniale; d'autre part, les évèques avaient accru leur autorité jusqu'à élire seuls le roi d'Italie, à exercer des droits souverains, comme d'élever des murailles et de commander à la guerre (l). Entravés dans l'exercice de ces droits par la juridiction des comtes , ils tendaient à l'affaiblir, et les rois favorisaient leurs efforts , soit pour humilier les comtes émancipés, en leur opposant des rivaux dont ils n'avaient pas à craindre que la puissance devînt héréditaire , soit pour se rendre les évêques favorables dans les diètes, où désormais ils décidaient de tout.

En Italie, comme ailleurs, la société se composait donc d'un roi, de barons relevant de lui, de seigneurs d'un rang inférieur dépendant des barons, de communes libres quoique soumises au comte, du clergé, d'hommes et de corporations jouissant d'immunités. La haute noblesse, fière et aguerrie, avide de gloire , de puissance et de domaines, avait fortifié ses châteaux ; elle exerçait aux armes ses vassaux, se mêlait aux factions, et redoublait d'audace dans les interrègnes ou pendant les luttes. Othon , dont les forces étaient grandes et la volonté énergique, après l'avoir domptée avec peine, reconnut par expérience que, dès qu'il serait éloigné , elle se relèverait turbulente et factieuse. Dans l'impossibilité de l'exterminer et d'abattre d'un coup son autorité, il favorisa les autres pouvoirs qui s'élevaient à côté d'elle,

(1) L'épitaphe de Léodoin, évêquede Modène, de 892, dit : His tumulum porlis et ereclis aggere vallis Firmavit, positis circum latitantibus armis, Non contra dominos erectus corda serenos, Sed cives proprios cupiens defendere sectos.

Et celle d'Anspert, archevêque de Milan, mort en 881 ; Mœnia soUicitus commisse reddidit urbi Diruta.

Gualdon, évêque de Côme, en 964, prend l'ile de Coraacine , et en détruit les fortifications. Amulon, évêque de Turin, au temps du roi Lambert, ejusdemcivitatis imiros et iurresperversitate stia deslru.rit. Nam inimicitiam exerceus cum suis civibus, qui continno illiim a civiiate cxturbarunt... pace peracta reversus et manu valida cinctus, destruxit siait diximus. Ftierai fixe siquidem civitas cotidensissimis turribus bene redimita, et arcus habebat in circuitu per totum deambulatorios , cum propugnacuHs desuper atque antemuralibus. Cliron. Novaliciense, Rer. it. Scrip. tome ii, p. 2, Saint Poggio, évêque de Florence, entoura de murailles plusieurs villes.

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