‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 158 sur 365 · LES IMMUNITÉS ET LES COMMUNES · texte numérisé non relu

LES IMMUNITÉS ET LES COMMUNES

c'est-à-dire le clergé et les villes ; afin d'accroître la puissance de celles-ci, il s'efforçait d'organiser les communes avec mélange d'Allemands et d'Italiens, d'hommeslibres et de vassaux. Quelques cités restèrent sous la dépendance des comtes , comme Lucques , Vérone, Ivrée , Turin; mais dans la plupart de celles de l'Italie supérieure, Othon ou ses succeseurs confirmèrent les privilèges du clergé, ou bien leur donnèrent pour comtes les évêques euxmêmes, comme nous le verrons plus tard. Ainsi ces villes et leur banlieue, qui portait divers noms selon les pays, dépendaient delà juridiction de révêque,ou bien, comme on disait, du saint dont elles avaient choisi le patronage. Les rois s'arrangeaient de cette seigneurie ecclésiastique, parce qu'elle ne pouvait devenir héréditaire; protégée parla religion, qui déclarait sacrilège tout attentat contre les possessions d'un saint, elle était aussi moins onéreuse aux citoyens, puisqu'elle leur offrait plus de justice et de moralité.

Les villes restèrent donc aux évêques, aux seigneurs la campagne, qui, par ce motif, fut appelée comtait{contado) . Sous la juridiction commune des évêques, on vit disparaître les différences entre Lombard, Franc, Italien, Allemand ; aussi avons-nous vu les prélats, à la diète de Pavie, proclamer l'égalité de tous, bien que l'on conservât les anciennes coutumes pour certains modes de possession, de contrats, et pour les peines. Cette réunion de citoyens, sans distinction de race, produisit une commune d'hommes libres, c'est-à-dire de propriétaires.

A l'exemple d'autres écrivains , nous ne voulons pas néanmoins faire d'Othon l'auteur des constitutions municipales : elles étaient le fruit lentement développé du temps, et ce roi ne fît que les amener à maturité, non pas au moyen de chartes communales comme en France, mais par les hnmunités qu'il accordait aux églises et aux communes; le plus souvent même, il se bornait à confirmer les franchises déjà existantes. Ayant lui, les villes italiennes apparaissent florissantes; elles font la paix et la guerre, et les archevêques de Milan sont les principaux moteurs de la politique. Affermis dans le pouvoir ou l'indépendance par décret impérial, ils s'occupèrent des intérêts de la ville et du comtat avec le soin qu'on apporte à ses propres affaires. Les barons et les évêques, au lieu de rechercher une influence générale, en s'attribuant l'élection des rois, songèrent à consolider leur autorité particulière, à se garantir des attaques de leurs voisins et des hommes libres, contre lesquels, de temps à autre, ils invoquaient l'appui de l'empereur.

r»ST. I)F.S ITAL. — T. IV. Ig

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