LES IMMUNITÉS ET LES COMMUNES
C'est là un des effets de la restauration de l'empire accom-
; / plie par le roi Othon ; du reste, si la prédominance des Francs
' I cessa, ce ne fut point au profit des Italiens , mais plutôt des
Lombards, possesseurs des terres. Les comtés et les marquisats
se maintenaient encore, et de nouveaux furent créés. A la mort
de Bérenger P"", le duché lombard du Frioul subit un morcelle-
j ment : des comtes et des marquis militaires furent placés à
I Trévise, à Vérone, à Este, à Modène , peut-être aussi dans le
I Montferrat et ailleurs; ces différents postes devinrent des princi-
1 pautés, lorsque Conrad déclara les fiefs héréditaires. Il faut ajouter
I I les seigneuries ecclésiastiques, comme le patriarcat du Frioul,
érigé en principauté par Othon, et l'archevêché de Ravenne , qui
rivalisait avec la puissance papale.
A Rome, le pape rencontrait des obstacles dans la noblesse, qui, tout en maintenant les anciens titres, introduisait les nouvelles idées féodales. La coutume latine ne se conservait que dans la campagne, où les propriétés étaient de gros domaines {mass ), ou de petits fonds cultivés par des colons qui devaient des corvées et une part des fruits, ou par des censitaires et des serfs, toutes personnes sans représentation civile, à l'égal des habitants infimes des villes, qui dépendaient des riches et des prélats.
Les Allemands d'alors nous sont dépeints par les auteurs italiens comme des gens querelleurs, iviogues, ignorants, qui avaient contracté des habitudes féroces dans les guerres privées, dont leur pays offrait le spectacle quotidien. ! a civilisation, pourtant, faisait parmi eux de grands progrès. Les mines d'argent du Hartz, les plus riches de l'Europe, qui commencèrent à être exploitées régulièrement sous Othon, favorisaient les transactions du commerce, exercé par les Lombards, c'est-à-dire par les Italiens, qui apportaient en Allemagne des soies, des épiées, des étoffes, dont ils faisaient l'échange contre des matières premières. La littérature venait d'y naître, et les beaux-arts n'y étaient pas inconnus, puisque le pape Jean YIII demandait à i'evèquedt^ Freisiugen de lui envoyer un bon orgue, avec quelqu'un qui sût en faire et en jouer. Les Allemands se polirent ensuiteau contact des Italiens, dont la civilisation excitait sans cesse leur admiration.
Le rè^ne d'Othon II, qui parvint à l'empire à l'âge de dix-huit ans, fut aussi asité par les dissensions domestiques que celui de son père. Appelc en Italie pour réprimer la turbulence des Romains il passa les Alpes. Après avoir réuni à Roncaglia la diète