HENRI II
torze ans d'un règne très-agité, et prit l'habit monastique. Son <o24. courage et son activité le placent au nombre des meilleurs rois; sa générosité envers le clergé, son zèle pour la propagation du christianisme et ses vertus privées l'ont élevé au rang des saints, ainsi que Cunégonde, sa femme, avec laquelle il avait toujours vécu comme un frère.
Les seigneurs italiens avaient été convoqués à la diète des cinq nations germaniques, qui proclama Conrad le Salique, de Franconie; mais, comme ils n'arrivèrent pas à temps, ils se crurent dégagés de tout lien d'obéissance. Les Pavesans, joyeux de la mort de l'empereur qui leur avait fait tant de mal, démolirent le palais impérial, en décrétant qu'il n'en serait jamais construit un autre dans l'intérieur de la ville. Une faction dirigée par les marquis Hugues et Albert, fondateurs de la maison d'Esté, et par le marquis Maginfred de Suse, offrit d'abord la couronne à Robert de France, puis à Guillaume d'Aquitaine; mais tous les deux refusèrent, connaissant l'humeur des Italiens, qui, avides d'indépendance, ne savaient pas la consolider par l'union (1). D'un autre côté, les chefs de factions mettaient dans leurs conditions que le roi élu déposerait les évêques qui leur déplaisaient, et les remplacerait par leurs créatures : tant la puissance cléricale prédominait alors dans la constitution italique, les prélats étant les principaux seigneurs. Mais les pontifes préféraient les rois de l'Allemagne, d'abord parce qu'ils étaient éloignés, ensuite parce qu'ils les considéraient comme les descendants de Charlemagne, dans la personne duquel ils avaient rétabli la dignité impériale et le nom romain. Les évêques, nommés par les rois, aspiraient à s'affranchir de leur dépendance; le peuple et le clergé supportaient avec impatience que leurs pasteurs fussent nommés par l'étranger.
(l) Guillaume écrivait à Maginfred: Ncque utile neque honestian hoc mihi videtur, gens enim vcslra infida est. Insidix graves contra nos /. orientur. Fulbert, op. 58. Le moine Adliémar dit encore : In diicihus Ilaliœ j fidem non reperiens, laudem et honorent eorum pro nihïlo dtixit.
2S0 LA FÉOMLiTÉ.