‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 165 sur 365 · LA FÉODALITÉ. LE FIEF · texte numérisé non relu

LA FÉODALITÉ. LE FIEF

bénéfice) exprimait une possession conférée par un seigneur en récompense de services rendus, et avec obligation d'en rendre de nouveaux.

Le premier devoir du chef barbare était de fournir des guerriers à l'armée royale. Étranger aux mesures compliquées qui, de nos jours, règlent la levée et l'entretien des troupes, le chef assignait une portion de ses terres à divers individus, à la condition que chacun d'eux armerait et nourrirait un certain nombre d'iiommes, Ces vassaux, à leur tour, subdivisaient leurs propriétés qu'ils donnaient à d'autres avec les mêmes obligations, et c'est ainsi que se formait une chaine de dépendances graduées.

i>es bénéfices, considérés comme récompense de la valeur, étaient concédés personnellement ; aussi les seigneurs aspiraientils à les reprendre, afin de pouvoir récompenser d'autres services et s'assurer la fidélité de leurs nouveaux compagnons. Ils ne dépouillaient pas le vassal tant qu'il vivait et restait fidèle à ses devoirs ; mais il n'entrait pas dans les coutumes germaniques de contracter ou d'imposer des obligations pour la postérité. Les compagnons, néanmoins, s'efforçaient de se rendre indépendants et d'assurer leur fief à leurs enfants; car il est dans la nature de la propriété de tendre à devenir héréditaire, de manière que la famille puisse s'y fixer et s'y affermir.

Les rois commencèrent à donner des terres à perpétuité, et l'imitation finit par rendre héréditaires tous les bénéfices, bien que l'habitude leur conservât toujours le caractère de biens personnels; en effet, à chaque mutation de propriétaire, le serment et l'investiture étaient renouvelés. L'héritier, la tète découverte, après avoir déposé le bâton et l'épée, se mettait à genoux devant le seigneur, et, ses mains dans les siennes, il disait : « Dès au- « jourd'hui, je deviens votre homme, et vous conserverai foi « pour les terres que j'obtiens de vous. » Puis il jurait fidélité, et, la main étendue sur l'Évangile, il reprenait : « Seigneur, " je vous serai fidèle et loyal ; je n'attenterai ni à votre personne « ni à aucun de vos membres ; je vous garderai ma foi pour « les terres que je requiers de vous; je vous rendrai loyalement « les services que je vous dois, et me conformerai aux coutu- « mes établies. Ainsi Dieu et les saints me soient en aide. » Alors il baisait le livre saint, mais sans génuflexions ni tout autre acte d'humilité ; le seigneur lui donnait l'investiture, en lui remettant une branche d'arbre, une motte de terre ou tout autre objet

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