POUVOIR FÉODAL
che se trouvait l'office d'échanson, dont furent investis les dues d'Autriche et les rois de Bohême ; les derniers même étaient obligés de racheter lepatriarche si jamais il tombait prisonnier. Les comtes de Goritz avaient rendu héréditaire, par force, le titre d'avoués, et le fief des comtes d'Ortembourg se trouvait dans le même cas. Ces fiefs étaient appelés nobles, droits ou légaux, et se divisaient en libres, ministériels, d'habitation. Lepatriarche conférait l'investiture des libres avec une ou plusieurs bannières ; des ministériels, avec l'anneau ; des autres, avec le bord de son vêtement. Parmi les ministériels, les nobles de Cuccagna étaient chambellans; ceux de Spilimbergo, échansons; ceux deTricano, gonfaloniers, et les seigneurs de Prumpergo, maîtres d'hôtel. Le plus âgé de la maison de Ragona avait droit à une portion de tous les mets que l'on servait à la table du patriarche.
L'individu qui était investi d'un fief militaire, quelque pauvre qu'il fût, n'était tenu que de servir à la guerre ; dans les fêtes du château, il s'associait aux plaisirs du seigneur, sur le pied de l'égalité; il combattait achevai, tandis que le reste du peuple servait à pied et sans armes défensives. Ce service rendu, il restait exempt de toute autre charge; seulement, dans les circonstances extraordinaires , les vassaux et le clergé étaient appelés à participer aux contributions générales.
Les vassaux d'un même seigneur, établis autour du château sur le même territoire, et investis de fiefs de même rang, s' appelaient ^««rs. Tous dépendaient du chef, mais non l'un de l'autre ; à la guerre, au conseil, au jugement, ils se trouvaient réunis sous leur chef. Dans tout autre cas, isolés, étrangers les uns aux autres, ils agissaient chacun pour son compte.
Dans cette chaîne, où chacun ne tient qu'à son supérieur immédiat, il ne reste au roi aucun pouvoir sur le peuple. Il n'existait, dans la Rome impériale, aucun intermédiaire entre le souverain et le peuple ; dans le système féodal, au contraire, le peuple ne communiqua plus avec le roi que par l'entremise des barons. Plus tard, les seigneurs finirent par ne laisser au roi qu'une autorité purement nominale; ils pouvaient ignorer qui en portait le nom, et lui faisaient même la guerre. Le roi n'était donc pas un magistrat suprême, l'exécuteur de la volonté d'une assemblée souveraine, le pouvoir dirigeant universel, le chef d'une nation pour faire la guerre à quiconque elle avait déclaré son ennemi ; il était uniquement le propriétaire direct des fiefs conférés par lui , et ne disposait en maître que de ses vassaux immédiats. Il ne