ROTH
(5) Id. 42.
(6) RoTH. 25, 26; Luitp. iv, 7, 10 ; vi. 27 ; Raciiis, 7, 8.
de siéger à jeuD ; mais peut-être cette prescription, au lieu d'accuser des habitudes d'intempérance chez les Lombards, faisait-elle allusion aux saintes Écritures (l), à moins qu'elle n'eût pour objet d'accélérer la décision ; ainsi, de nos jours, les jurés anglais ne peuvent prendre de nourriture avant d'avoir prononcé le verdict.
Dans une époque où il fallait convaincre, non pas un juge ou un tribunal, mais tout le peuple, la réalité du fait et la culpabilité du prévenu devaient être discutées d'une tout autre manière que chez les modernes ; le témoignage des conjurateurs, Vordalie , le duel^ figuraient au nombre des preuves les plus caractéristiques.
L'accusé comparaissait escorté d'un certain nombre d'amis et de parents, lesquels juraient qu'il était innocent du fait qu'on lui imputait, ou bien qu'ils accordaient une foi entière au serment prêté par lui. Examen de la chose , enquêtes, interrogatoires, à quoi bon? ils juraient, et leur serment suffisait. Tout prévenu était innocent, pourvu qu'il trouvât une réunion d'hommes libres disposés à le défendre comme tel par la parole et par le fer. Rotharis enjoignit que, dans les causes qui excéderaient la valeur de vingt sous, le poursuivant jurât avec douze sacramentaires, six nommés par lui, un par l'accusé, cinq par tous les deux d'accord (2); mais parfois leur nombre s'élevait à vingt, cinquante, soixante et davantage, selon le rang de l'accusé et la gravité de l'imputation. Le premier sacraraentaire, parmi les Lombards, mettait la main sur une chose sacrée; le second, la sienne sur celle du premier, et ainsi de suite; l'accusé, posant alors la sienne sur toutes les autres, proférait le serment. Leurs lois admettent souvent le serment, comme preuve décisive, dans les causes civiles et criminelles : « Que la femme accusée d'adultère se purge par le serment de douze sacramentaires , et que son mari la reçoive. » L'Église même sanctionna cette preuve par des prières, des bénédictions, la présence de reliques ; parfois le serment était prêté sur l'hostie consacrée, que l'on partageait entre l'accusateur et l'accusé.
Avec un appareil plus solennel, on appelait le ciel en témoignage dans les jugements de Dieu, tradition païenne (3) con-
(1) Vx tibi, terra, cujiis rex puer, et cujus principes mane comedunt. ( Eccl. X, 16. )
(2) Loi 364.
(3) Au milieu du temple des dieux Palliques, en Sicile, se trouvaient deux