‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 173 sur 365 · CHARGES DES VASSAUX. OBLIGATIONS BIZARRES · texte numérisé non relu

CHARGES DES VASSAUX. OBLIGATIONS BIZARRES

vivait avec toute sa cour des semaines entières dans les bois , au milieu d'une pompe bruyante et couchant à la belle étoile. Parfois on faisait venir de loin des bètes sauvages , qu'on affrontait dans des enceintes. L'archevêque de Milan , comme témoignage de haute considération , permit à un duc de courre un cerf dans son parc. De là ( droit inconnu aux anciens ) les chasses réservées, et le colon voyait les bêtes fauves dévaster impunément ses champs et ses vignes ; car malheur à celui qui aurait osé porter atteinte au divertissement du seigneur en tuant quelquesuns de ces animaux !

V homme de corps, outre une portion dans les produits de son champ, devait au seigneur des angaries, c'est-à-dire des corvées, et des pérangaries^ c'est-à-dire des travaux avec rémunération pour un nombre déterminé de journées, ou les voitures pour les transports : il ne pouvait exposer ses denrées sur le marché qu'après la vente de celles de son maître; il devait employer sa monnaie bien que de basaloi, n'acheter les denrées que de lui seul, se servir de ses mesures, de son moulin , de son four, de son pressoir {banalité), en lui payant une redevance. En tin, les habitants d'Agrilla sont obligés de labourer les terres du baron, de les ensemencer, de fournir chacun une paire de bœufs pendant douze jours, de donner vingt-quatre journées pour la moisson, d'apporter au temps de la vendange un cercle pour les cuves, d'offrir à Noël et à Pâques deux poules, outre la dime des porcs et des chèvres. En vertu de la main haronale, le seigneur pouvait, de sa propre autorité, empêcher les débiteurs d'exporter les produits de leurs terres avant d'avoir acquitté les prestations, ou fait un dépôt suffisant dans ses magasins (l).

Ces juridictions arbitraires dégénéraient facilement en caprices et en tyrannie. Les concessions faites plus tard par les feudataires à leurs subordonnés attestent l'excès de l'oppression ; en effet, l'un d'eux permet d'enseigner à lire aux enfants; un autre, de vendre des denrées à d'autres qu'au maître, ou de débiter en public celles qui sont avariées.

Quelques feudataires , lors de l'investiture, devaient baiser les verrous de la maison, s'en aller en chancelant comme une personne ivre, faire trois sauts accompagnés chaque fois d'un bruit ignoble ; il était imposé à d'autres d'apporter, à un jour donné ,

(1) Diego Orlando, Feudi di Sicilia. Palerme, 1847.

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