‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 175 sur 365 · DROIT FÉODAL · texte numérisé non relu

DROIT FÉODAL

OÙ il se livrait à la joie au milieu de divertissements de tous genres, suivis d'illuminations.

Nous avons vu l'empire romain étendre le droit de cité au point d'embrasser le monde entier, et le monde entier reconnaître également l'autorité du nouveau chef de cet empire, de manière qu'il n'y avait plus de patrie dans cette immensité. Maintenant, au contraire, chaque souveraineté se renferme dans les bornes étroites de ses domaines; l'homme n'est plus Lombard, Franc, Germain , Italien ou Milanais , mais il appartient à tel fief, à tel maître. En résumé, il n'a pas encor^nne patrie, comme nous l'entendons aujourd'hui : situation dont il faut bien tenir compte, si l'on veut juger sainement de personnes et de faits de nature tout autre.

Le sentiment individuel des Germains, opposé à l'omnipotence de l'État, avait atteint son apogée: barons, bandes armées, monastères, chapitres, universités, villes, tout vivait d'une vie particulière, isolée ; il n'y avait pas de nations, s'il est vrai qu'elles consistent dans la communauté d'intérêts, de sentiments, d'idées, d'inclinations presque instinctives vers le même but.

La souveraineté du duc ou du comte, et plus encore celle du roi , est purement nominale. Le véritable souverain, c'est le feudataire. Il n'existe aucun lien entre l'individu et le prince ou la nation. Chacun ne voit ou ne connaît que son supérieur immédiat; c'est à lui qu'il rend des services, de lui qu'il réclame justice et protection , de lui seul qu'il reçoit des ordres, mais dans la mesure précise des obligations contractées ; il ne peut être dépouillé de son flef ou de sa charge. II ne restait plus rien de l'unité impériale, sauf l'élément qu'elle empruntait au caractère religieux ; les décrets et la juridiction de l'empereur n'avaient plus aucune valeur générale; toute autorité supérieure avait disparu, excepté celle de l'Église, parce qu'elle ne se fonde pas sur des choses passagères.

Le serf n'obtient justice de ses voisins, sujets d'un autre, que parce qu'il est la chose de son seitineur, qui jouit des honneurs et des avantages du sujet féodal : au seigneur la gloire, au vilain la honte , et celui-ci n'est homme que parce qu'il fait partie du corps qu'on appelle fief. Ainsi, dans toutes les relations sociales, l'idée de territoire et de localité se substituait à celle de nation et de personnalité.

Le droit féodal, dont lacoutume faisait l'application, resta longtemps sans être écrit, d'autant plus que les seigneurs n'aimaient

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