Ï-5S ESCLAVES
des motifs qui les multipliaient; on enleva aux pères le droit atroce d'exposer leurs enfants, et la religion recueillait dans les hôpitaux d'orphelins les créatures abandonnées. Les catastrophes qui précipitèrent les grands dans la dernière misère dissipaient l'orgueilleux préjugé d'une supériorité naturelle; le Romain libre, devenu l'esclave d'un Germain, protestait lui-même contre l'inégalité de nature, tandis que le Germain apprenait à respecter l'esclave qui lui était supérieur en connaissances.
Des sociétés pauvres et sans faste n'avaient pas besoin de ce eorlégeinterminable d'esclaves; plus tard, devenus wwe.s7erm/^s, ils se rapprochèrent du maître au milieu d'une famille restreinte, et trouvèrent ainsi de plus grandes occasions d'acquérir sa bienveillance ou ses faveurs. L'esprit d'association , propre aux nations germaniques, né du sentiment de l'utilité que l'individu peut se procurer par le moyen des autres, et tempéré par la conscience des droits personnels, poussa l'homme à se servir de son semblable comme d'un ouvrier libre, au prix d'une rétribution. Kniin, lorsque le travail et l'industrie eurent acquis de l'importance, pouvait-on laisser dans l'abjection ceux qui en étaient la source? Dès que le système féodal eut fractionné le territoire et la souveraineté, celui qui se trouvait mal sur un fief s'enfuyait sur le fief voisin, puisqu'il n'y avait plus de loi générale qui pnnit le déserteur; le maître, dès lors, retenu par l'intérêt, se gardait de pousser l'esclave au désespoir.
Les lois barbares punissaient quelques délits par la servitude, et d'autres par des amendes , dont le poids trop lourd forçait quelques hommes libres à renoncera leur propriété et à se faire esclaves. Dans les contrats, les esclaves apparaissent comme appendice de la terre; le maître percevait la composition déterminée par la loi, pour offenses et blessures faites aux esclaves ; car cette composition, prix de la paix, ne pouvait concerner l'esclave, privé du droit des armes. En revanche, le maître payait les dommages causés par son esclave.
La loi lombarde du temps de Rotharis se montre aussi cruelle envers les esclavts que celle des Romains, puisqu'elle les compare à des meubles (l) ; mais bientôt le maître fut dépouillé du
libres les esclaves qui ont été abandonnt^s malades par leur maître, lorsqu'il pouvait les meltre in xenonem s'il n'avait pas les moyens de les soigner.
(1) Si quis res aliénas , id est servum aut ancillam seu alias res mobiles... Loi 232.