ESCLAA'ES. FERMIERS. AFFRANCHISSEMENTS
affranchi seulement des services corporels. Le premier acquérait la pleine liberté, l'autre restait obligé envers le maitre comme envers un frère et des parents, si bien que le maître devenait sou héritier.
Les Germains, et plus encore les Lombards^ selon un usage antique, affranchissaient beaucoup d'esclaves au moment d'entreprendre une guerre. Comme les armes sont un signe de liberté, les Lombards, anciennement, émancipaient l'esclave en lui remettant une flèche et en murmurant à son oreille quelques paroles nationales (l). Rotharis introduisit la formalité romaiue de livrer Yamund à une autre personne, qui le conduisait à un carrefour et lui disait : « Va-t'en par la rue qu'il te plaira de choisir (2). " Par impans, on affranchissait un individu lorsque le roi le voulait , ou qu'on supposait que telle était sa volonté (3). Au temps de Luitprand, il suffisait de l'émancipation devant Tautel pour rendre un esclave citoyen lombard (4).
D'autres fois, on ne faisait qu'alléger le poids de la servitude, en élevant l'esclave au rang d'aldion, qui n'était soumis qu'à des obligations écrites. Aucune loi ne ramenait à l'esclavage l'affranchi ingrat; mais, afin de prévenir le manque de reconnaissance, Astolphe permit que le maitre pût^ sa vie durant, se réserver les services de l'affranchi (5).
Le trafic des esclaves n'était pas inconnu aux Lombards quand ils entrèrent en Italie; mais la vente à l'étranger était considérée comme une peine capitale, et ne s'appliquait qu'aux prisonniers de guerre (6). La cupidité, néanmoins, faisait continuer dans d'autres parties de l'Italie cet infâme commerce. Grégoire le Grand vit sur le marché de Rome des esclaves bretons; les Vénitiens faisaient avec les Sarrasins delà côte de Rarbarie un grand trafic d'esclaves des deux sexes, et surtout de jeunes eunuques. On conduisait à Venise, des pays slaves et allemands, de l'Italie même, des convois de prisonniers de guerre et d'autres esclaves.
libre. Le simple affranchi s'appelait widerboni, comme s'il était ressuscité, widergeboren.
(I) P.\iL Diacre, iiv. i, ch. 13.
(2j Eam pergat partem, quamciimque volevs canonice elegeri(,habe}h<tque portas apertas, etc. (Formula^ Likdenbr. 101.)
(o) Qïii per impans, id est in volvm régis, dimiltitur. (Rot. i, 225.)
(4) LiJiTP., lY, 5.
(.ï) Loi IX.
(6) Rot., 222.