‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 19 sur 365 · DUEL JUDICIAIRE. PEINES · texte numérisé non relu

DUEL JUDICIAIRE. PEINES

dépôt OU de soutenir ({u'un individu n'était pas entré au service d'un autre. Tout liomrae libre devait combattre en pei-sonne ; les églises et les veuves, par l'intermédiaire d'unavocat (l).

Telle était la procédure sous les Lombards. Les peines avaient pour base le droit de venir à composition ; les hommes libres pouvaient se racheter à prix d'argent, même de l'homicide prémédité et de l'invasion à main armée (2). La valeur de ces compositions [wehrgeld], réglées d'après les anciennes coutumes [cadarfrede)^ était fixée par des juges ; mais Luitprand restreignit ce pouvoir arbitraire en déterminant certaines compositions, qui se fondaientd'ailleurs sur une autre injustice, c'est-à-dire sur la différence entre un homme et un homme ; car, sans tenir compte de l'intention ou de la moralité , ou songeait à satisfaire l'offensé en raison de son rang et du dommage qu'il avait réellement souffert. En conséquence, le meurtre d'un homme était taxé plus haut que celui d'une femme (3). Ponr le meurtre d'un aldion appartenant à un autre, il fallait payer soixante sous (4) ; pour un serf de la campagne, seize; pour un serf laboureur, vingt; pour un porcher qui avait sous lui deux ou trois valets , cinquante ; pour des serviteurs subalternes, vingt-cinq (5) ; mais la vie d'un homme libre en valait deux cents et parfois cinq cents. L'avortement d'une cavale ou d'une serve coûtait trois sous (6) ; on comprend cette indifférence là où l'amende compensait le dommage souffert par le maître, et non l'offense faite à la société ou à l'humanité.

L'échelle des peines est encore déterminée, non par rapport à l'efficacité, mais au dommage réel, spécifié avec minutie: pour un coup de poing, trois sous, et six pour un soufflet ; pour un coup

(1) Leg. Olhonis. 1, 2, 5, 6, 7, 9, 11, 12.

(2) RoTii., 5, 11, 12, 14, 19, 141, 253, 284, 285; Luitp., vi, 81-85.

(3) ROTii., .33, 130, 131, 200-203, elc.

(4) On ii(> sait pas si le sou des Lombards était d'or ou d'argent réel ou idéal. Le tremissis, troisième partie du sou, était réel (cum die guodam Alachis super mensam niimeraret, unus tremissis de eadem mensa cecidit : qnem filma Aldonis, adhuc puerulus, de terra colligens, eidem Alachi reddidit. Paul Diacre, liv. v. cli. 39. ) C'étaient peut-être ces grossières monnaies, avec Saint-Michel d'un côté, et, de l'autre, le buste du roi, que l'on trouve dans les musées, mais si usées qu'il est impossible d'en évaluer le poids. La meilleiue n'excède pas la valeur de la moilié d'un sequin.

(5)R0Tii., 129, 130.

(6) Idem, 338, 339. La lex Aguilia des Romains ne met aucune dilïérence entre les blessures laites à l'esclave on à l'animal d'un aulre.

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